Par Prosper Buhuru
La ville d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, s’apprête à connaître une reprise de ses activités judiciaires ce jeudi 30 avril 2026. Cette réouverture intervient après plusieurs mois de paralysie institutionnelle, consécutives à une situation sécuritaire instable ayant affecté le fonctionnement normal des services publics.
La ville avait été brièvement occupée en décembre 2025 par les rebelles du M23-AFC soutenus par le Rwanda, avant leur retrait en janvier 2026. Cette séquence avait profondément désorganisé l’appareil judiciaire local, laissant Uvira sans fonctionnement effectif des juridictions, dans un climat marqué par des violences, des pillages et de nombreuses violations des droits humains.
La reprise annoncée concerne notamment le tribunal militaire, où doivent débuter les premières audiences. Celles-ci impliquent des éléments Wazalendo, engagés aux côtés des Forces armées de la RDC. Ces procès publics s’inscrivent dans une dynamique de réaffirmation de l’autorité de l’État et de lutte contre l’impunité dans une zone encore fragile.
Sur le plan social, la population tente progressivement de retrouver un rythme normal. Les activités reprennent timidement après des semaines de rupture des services essentiels et de forte insécurité. Parallèlement, environ 470 personnes sont rentrées du Burundi avec l’appui du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), dans un contexte de retour encore précaire.
Malgré ces signes de reprise institutionnelle, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Des positions de groupes armés sont encore signalées dans les environs de la ville, entretenant un climat de vigilance permanente.
Les autorités et acteurs locaux considèrent toutefois cette réouverture de la justice comme une étape importante, même si la consolidation de la stabilité dépendra encore de nombreux facteurs sécuritaires et institutionnels.