Par Prosper Buhuru
La République démocratique du Congo a officiellement acté, jeudi 26 mars 2026, à Arusha (Tanzanie), son adhésion au Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique orientale et australe (ESAAMLG), marquant une étape décisive dans la consolidation de sa gouvernance financière.
Inscrite dans la vision du Président Félix Tshisekedi, cette adhésion traduit la volonté des autorités congolaises de renforcer leur dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), tout en améliorant la crédibilité financière du pays sur la scène internationale.
Ce résultat est l’aboutissement d’un processus engagé depuis juin 2024 sous la conduite du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, avec l’appui des différentes structures relevant de son ministère. Dans un contexte marqué par des contraintes sécuritaires et budgétaires, le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa a opté pour l’accélération des réformes structurelles axées sur la transparence, la conformité et la crédibilité financière.
Depuis 2022, avec une intensification notable à partir de 2024, la RDC a entrepris des réformes profondes pour corriger les faiblesses de son système de lutte contre les flux financiers illicites. Ces efforts ont notamment concerné le renforcement du cadre légal et réglementaire, la consolidation des institutions de contrôle, l’amélioration de l’analyse des risques, la transparence des bénéficiaires effectifs ainsi que l’efficacité des mécanismes d’enquête, de poursuite et de confiscation.
Malgré un environnement national contraint, les autorités congolaises affichent leur détermination à poursuivre ces réformes et à améliorer la performance globale du dispositif LBC/FT. L’adhésion à l’ESAAMLG s’inscrit ainsi comme un levier stratégique pour renforcer la gouvernance publique, mobiliser davantage de ressources internes et restaurer la confiance des partenaires.
En rejoignant ce mécanisme régional, la RDC envoie un signal fort à la communauté internationale quant à son engagement à s’aligner sur les standards internationaux et à participer activement aux mécanismes d’évaluation et de coopération, notamment en lien avec le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale, dans une logique de cohérence et de complémentarité régionale.