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RDC : 5,3 milliards $ envolés en dix ans, la Banque mondiale et l’ANEP sonnent l’alarme sur la gestion des entreprises publiques

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Le bâtiment abritant le siège de la Regideso sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa
Le bâtiment abritant le siège de la Regideso sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa

Par Patrick Kitoko 

Un récent rapport de la Banque mondiale met en lumière l’ampleur des pertes accumulées par les entreprises publiques en République Démocratique du Congo. Entre 2014 et 2023, celles-ci auraient enregistré un déficit cumulé de 5,3 milliards de dollars, un montant équivalent au budget annuel du secteur de la santé. Une comparaison qui vise à illustrer un coût longtemps sous-estimé.

Selon le document, l’endettement se concentre principalement autour de quelques grandes entreprises publiques stratégiques, notamment la SNEL, la Gécamines, la SNCC et la REGIDESO. En 2023, ces entités représenteraient à elles seules 7,3 % du produit intérieur brut (PIB) et près de 42 % de la dette extérieure publique la plus exposée.

Au-delà des chiffres, les répercussions se font sentir dans le quotidien des Congolais. Arriérés de salaires pouvant dépasser cent mois, factures impayées et dégradation des services publics illustrent une crise profonde. Le rapport établit un lien direct entre ces dysfonctionnements et des faiblesses structurelles de gouvernance, marquées notamment par des nominations jugées peu professionnalisées et un contrôle insuffisant.

Ces constats rejoignent les critiques formulées par ANEP. Son administrateur secrétaire exécutif, Patrick Ngulu Mbiobawul, alerte depuis plusieurs années sur les effets néfastes de la politisation des entreprises publiques. Selon lui, ce phénomène constitue l’une des principales causes de leur contre-performance.

Parmi les facteurs identifiés figurent les nominations fondées sur des affinités politiques, les pratiques de clientélisme et des carences persistantes en matière de gouvernance. L’ANEP estime que ces dérives ont fragilisé les structures, réduit leur efficacité et freiné leur capacité à remplir leurs missions.

L’organisation appelle ainsi à une séparation claire entre la gestion des entreprises publiques et les enjeux politiques. Elle insiste sur le fait que ces entreprises, en tant qu’entités distinctes de l’État et des partis, doivent conserver leur autonomie. Leur instrumentalisation dans des logiques de partage du pouvoir risquerait, selon elle, d’aggraver la crise actuelle et de compromettre leur rôle dans la relance économique.

Dans ce contexte, l’ANEP plaide pour des réformes visant à protéger ces entreprises des pressions politiques. L’objectif : restaurer une gouvernance efficace et permettre aux entreprises publiques de contribuer pleinement au développement économique et social de la RDC.

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Jeudi 26 mars 2026 - 13:04