Par Patrick Kitoko
À la veille de l’ouverture de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC -Organisation mondiale du commerce- , prévue ce jeudi 26 mars, dans la capitale camerounaise, Yaoundé, les ministres africains du Commerce et leur homologue chinois ont tenu une réunion de haut niveau marquée par des engagements forts en faveur du renforcement de la coopération économique entre la Chine et le continent africain. Au cœur des échanges, la volonté commune de faire de l’Afrique un acteur majeur du commerce multilatéral.
Dans cette perspective, le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, a annoncé une série de mesures visant à soutenir l’industrialisation du continent. Pékin s’est notamment engagé à mobiliser des financements pour développer l’agriculture, encourager la transformation locale des ressources naturelles et investir dans les infrastructures commerciales.
Cette rencontre, organisée par le ministère chinois du Commerce en marge de la conférence de l’Organisation mondiale du commerce, traduit l’importance croissante du partenariat sino-africain dans un contexte de redéfinition des chaînes de valeur mondiales.
Prenant la parole, le ministre du Commerce extérieur de la République Démocratique du Congo, Julien Paluku Kahongya, a mis en avant les opportunités qu’offre cette coopération. Il a plaidé pour une intensification des échanges commerciaux entre Kinshasa et Pékin, en insistant sur le développement des zones économiques spéciales et la transformation locale des minerais et produits agricoles. Le ministre congolais a également appelé à un accompagnement technique de la Chine, notamment dans les domaines du commerce électronique et de la digitalisation des procédures douanières, afin de moderniser les échanges et améliorer la compétitivité des entreprises locales.
Autre point clé soulevé : l’accès préférentiel de certains produits congolais, cacao, café, piment, soja et sésame, au marché chinois sans droits de douane. Un avantage commercial qui, selon lui, doit s’accompagner d’un renforcement des capacités des producteurs congolais à respecter les normes chinoises.
De son côté, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a exhorté les pays africains à mettre en place des stratégies efficaces pour tirer pleinement profit du commerce international, en misant sur des partenariats équilibrés et mutuellement bénéfiques.
En amont de cette rencontre, les ministres des PMA -Pays les moins avancés s’étaient réunis pour examiner les politiques publiques susceptibles de renforcer la compétitivité de leurs économies. Là encore, l’accent a été mis sur l’industrialisation, la diversification économique et une croissance inclusive.
La tenue de cette conférence à Yaoundé illustre le rôle croissant du continent africain dans les négociations commerciales internationales. Pour de nombreux observateurs, les engagements chinois pourraient accélérer la transformation économique de l’Afrique, à condition que les partenariats soient structurés autour du transfert de compétences et de la création de valeur locale.
Alors que les ministres du Commerce du monde entier convergent vers la capitale camerounaise, cette réunion sino-africaine apparaît déjà comme l’un des moments forts de ce rendez-vous mondial, révélant une dynamique de coopération appelée à redessiner les équilibres du commerce international.