Par Gloire Balolage
Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté ce dimanche une analyse des retombées attendues de l'Accord international sur le cacao de 2026, signé à Abidjan puis ratifié. Selon lui, cet engagement dépasse le cadre diplomatique et constitue un levier destiné à renforcer la compétitivité de la filière cacao en République démocratique du Congo, tout en améliorant les conditions économiques des producteurs.
Dans une tribune, le ministre estime que cet accord permettra en premier lieu d'améliorer les revenus des planteurs grâce à la mise en œuvre d'un mécanisme de « revenu vital garanti ». Ce dispositif prévoit une fixation des prix prenant en compte le coût d'une vie décente pour les producteurs, afin de limiter les effets des faibles prix imposés par certains intermédiaires sur le marché.
Julien Paluku Kahongya souligne également que les producteurs des territoires de Beni, de Mambasa et de Butembo disposeront désormais de références internationales sur les prix du cacao. Cette transparence devrait renforcer leur pouvoir de négociation, notamment face aux acheteurs venus des pays voisins, et réduire les ventes à des prix jugés défavorables. Il ajoute que les producteurs de cacao biologique et aromatisé, notamment dans la Tshopo et le Grand Nord-Kivu, pourront accéder à des circuits de commerce équitable offrant des primes directement versées aux coopératives.
Le ministre indique par ailleurs que l'intégration de la RDC à l'Organisation internationale du cacao permettra d'accéder à des fonds internationaux destinés au développement de la filière. Ces ressources devraient notamment permettre de financer les coopératives avant les récoltes, limitant ainsi les ventes anticipées de la production faute de liquidités. Elles serviront également à soutenir la modernisation technique grâce à l'installation de centres collectifs de fermentation et de séchage.
Selon Julien Paluku Kahongya, ces financements contribueront aussi à renforcer l'organisation des producteurs à travers la création et la consolidation de coopératives. Avec un meilleur encadrement, celles-ci pourraient exporter directement leur production, réduisant ainsi le recours aux intermédiaires et améliorant la valeur ajoutée captée par les agriculteurs.
Le ministre met également l'accent sur les enjeux liés à la souveraineté commerciale et à la conformité aux exigences des marchés internationaux. Il affirme que l'accord prévoit un accompagnement technique pour l'obtention de la certification « Zéro déforestation », exigée notamment par le marché européen. Il évoque aussi la formation de spécialistes congolais chargés de certifier le cacao national, une mesure destinée à réduire les coûts liés aux certifications assurées jusqu'ici par des experts étrangers.
Toujours selon le ministre, l'accord favorisera la mise en place d'un système de traçabilité numérique permettant d'identifier clairement l'origine du cacao produit en RDC. Cette démarche vise à empêcher que les récoltes congolaises soient mélangées à celles d'autres pays et à promouvoir des labels d'origine tels que « Cacao de Beni » ou « Cacao de la Tshopo », avec l'objectif d'accroître leur reconnaissance sur les marchés internationaux.
Enfin, Julien Paluku Kahongya estime que l'Accord international sur le cacao devrait contribuer à améliorer la logistique et la sécurité de la filière. Il évoque la construction d'entrepôts climatisés et de silos de stockage pour préserver la qualité des fèves, la réhabilitation prioritaire des routes reliant les bassins de production aux points d'exportation, ainsi que le renforcement de la sécurisation des plantations et des axes de transport par les services de l'État afin de garantir une chaîne d'approvisionnement stable.