Par la rédaction
Dans un nouveau rapport, l'organisation Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur les graves violations des droits humains perpétrées dans l’est de la RDC - République démocratique du Congo-. L’organisation accuse les forces rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, ainsi que les Wazalendo, alliés à l’armée congolaise, de commettre des exactions d’une violence extrême à l’encontre des civils.
Ce rapport Intitulé « Ils nous ont dit qu’on allait mourir », le rapport documente une série d’atrocités : viols collectifs, exécutions sommaires, disparitions forcées, enlèvements, et attaques contre des structures médicales. Amnesty dénonce une militarisation croissante de la région, où le M23 a consolidé son emprise territoriale pendant que les Wazalendo recevaient des armes et munitions des FARDC.
Selon l’ONG, ces actes pourraient s’apparenter à des crimes de guerre. Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est et australe, appelle à la fin de l’impunité : « Le Rwanda et la RDC ne peuvent continuer à fuir leurs responsabilités », exigeant que justice soit rendue aux victimes et que les combattants impliqués soient traduits en justice.
Les témoignages recueillis par Amnesty auprès de 53 victimes et témoins sont glaçants. Des femmes, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, racontent avoir été violées collectivement par des hommes armés, parfois sur des sites militaires. Huit victimes ont identifié des combattants du M23, cinq d'autres groupes Wazalendo, et une des soldats des FARDC.
À Bukavu, une survivante décrit l’horreur subie dans un camp militaire du M23. Traumatisée, elle ne parvient plus à sortir de chez elle ni à supporter la vue d’un uniforme. D'autres femmes ont été violées dans les champs, parfois accusées à tort de collaborer avec un camp adverse, subissant des violences d'une cruauté insoutenable.
Les civils ne sont pas les seuls ciblés. Des journalistes, membres de la société civile et défenseurs des droits humains sont également arrêtés, torturés ou portés disparus. Un militant de la LUCHA, Aloys Bigirumwami, a été enlevé avec cinq autres personnes en mai et n’a plus donné signe de vie.
Face à cette situation, l’organisation appelle à une pression diplomatique accrue. Le Qatar est invité à intervenir auprès du M23 pour mettre fin aux disparitions forcées, tandis que les États-Unis sont exhortés à exiger de la RDC un mécanisme de contrôle sur les forces de sécurité et les groupes armés.
Amnesty conclut en réclamant une action urgente et coordonnée de la communauté internationale pour protéger les civils, en particulier les femmes et les enfants, qui restent les premières victimes de ce conflit brutal.