Par Serge Mavungu
À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, célébrée le 10 septembre de chaque année, Clarisse Phola Tedika, secrétaire permanente provinciale du Corps des Assistants sociaux, appelle à renforcer le rôle des travailleurs sociaux dans la prévention du suicide en République démocratique du Congo.
Instituée en 2003 par l’Association internationale pour la prévention du suicide (IASP), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette journée, qui est célébrée pour la toute première fois en RDC, vise à attirer l’attention sur la prévention du suicide et à encourager un dialogue ouvert autour de cette question de santé publique. Pour la période 2024-2026, le thème retenu est : « Changer le discours sur le suicide ».
Pour Clarisse Pola Tedika, ce thème constitue une invitation à sortir du silence et de la stigmatisation afin de favoriser une approche fondée sur l’écoute, l’empathie et l’accompagnement des personnes en situation de détresse.
En RDC, la question de la santé mentale demeure préoccupante. Selon les données évoquées par les autorités sanitaires, environ 22 millions de Congolais souffriraient de troubles de santé mentale, allant du stress et de l’anxiété à des troubles plus sévères comme la dépression et la psychose. L’accès aux soins spécialisés reste par ailleurs limité, avec un nombre réduit de psychiatres, dont la majorité exerce à Kinshasa.
Dans ce contexte, la responsable du Corps des Assistants sociaux estime que les travailleurs sociaux ont un rôle important à jouer. Présents au sein des familles et des communautés, ils sont souvent en première ligne face aux situations de vulnérabilité, d’isolement, de détresse psychologique ou de rupture des liens sociaux.
« Le rôle des travailleurs sociaux est notamment de repérer les signes de détresse, d’écouter, d’accompagner et d’orienter les personnes en difficulté vers les structures et professionnels compétents », souligne Clarisse Polatédika.
Elle insiste ainsi sur la nécessité de renforcer les capacités des travailleurs sociaux afin qu’ils puissent mieux identifier les situations à risque et intervenir de manière appropriée, particulièrement dans les zones où l’accès aux services spécialisés de santé mentale demeure difficile.
La secrétaire permanente provinciale du Corps des Assistants sociaux relève également l’importance des initiatives portées par la société civile congolaise dans ce domaine, notamment celles consacrées à la sensibilisation, à la formation et à la recherche sur la prévention du suicide en milieu scolaire, universitaire et communautaire.
À en croire Clarisse Phola Tedika, « changer le discours sur le suicide » doit surtout permettre de briser l’isolement des personnes vulnérables et de créer autour d’elles un environnement où la parole, l’écoute et l’accompagnement peuvent contribuer à prévenir le passage à l’acte.
Elle appelle, à cet effet, à une mobilisation collective impliquant les travailleurs sociaux, les professionnels de santé, les familles, les établissements scolaires et universitaires ainsi que les organisations de la société civile.