Sextape d’une mineure à Kolwezi filmée par les policiers: les assistants sociaux dénoncent son exposition sur les réseaux sociaux et rappellent ses droits

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Photo d'illustration
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Par Serge Mavungu

Phola Tedika Clarisse, assistante sociale et secrétaire permanente provinciale du Corps des assistants sociaux dans la ville de Kinshasa, s’élève contre l’exposition d’une mineure sur les réseaux sociaux à la suite de la diffusion, depuis plusieurs jours, d’images présentant l’enfant dans une situation intime et humiliante. La scène filmée par les éléments de la police ,s’est déroulée à Kolwezi, chef-lieu de la province de Lulalaba, la semaine dernière. 

À travers une prise de position consacrée à la protection de l’enfant, les assistants sociaux dénoncent toute forme de violence, d’humiliation ou d’exposition publique d’un enfant. Ils rappellent qu’aucune faute qui pourrait être reprochée à un mineur ne peut justifier sa dénudation, son humiliation, son enregistrement ou la diffusion de son image.

Même lorsqu’un enfant est soupçonné d’avoir commis une infraction, il demeure un sujet de droits et doit bénéficier d’une protection conforme à la loi.

La dignité et la vie privée de l’enfant

Les assistants sociaux insistent particulièrement sur le respect de la vie privée, de l’intégrité physique et morale ainsi que de la dignité de l’enfant.

L’exposition d’une mineure dans une situation intime ou dégradante constitue, selon eux, une violence supplémentaire susceptible d’aggraver les conséquences psychologiques du traumatisme subi.

Ils appellent ainsi les professionnels chargés de faire respecter l’ordre et de protéger la population à exercer leurs missions dans le strict respect des droits de l’enfant. Le port de l’uniforme, soulignent-ils, ne peut en aucun cas devenir un instrument d’humiliation.

Une exposition qui peut laisser des traces durables

À l’ère du numérique, les assistants sociaux alertent également sur les conséquences de la diffusion d’images impliquant des enfants. Une vidéo ou une photographie peut être copiée, téléchargée, enregistrée puis rediffusée à plusieurs reprises.

Même lorsqu’une publication initiale est supprimée, il demeure difficile de faire disparaître toutes ses copies. L’humiliation peut ainsi poursuivre l’enfant pendant plusieurs années.

Face à cette situation, les assistants sociaux invitent la population à ne pas télécharger, conserver ou partager les images concernées. Même lorsqu’il est présenté comme un acte de dénonciation, le partage contribue à prolonger l’exposition et l’humiliation de la victime.

Une réponse judiciaire et protectrice

Pour le Corps des assistants sociaux, la réponse à ce type de situation doit être à la fois judiciaire, sociale et protectrice.

Il recommande notamment l’établissement des faits à travers une enquête impartiale, l’identification des éventuels auteurs et la détermination des responsabilités conformément à la loi. Les assistants sociaux insistent également sur la nécessité d’un accompagnement psychosocial de l’enfant, de la préservation de son identité et de sa vie privée ainsi que du soutien à sa famille.

Ils préconisent par ailleurs des mesures visant à éviter toute nouvelle exposition de l’enfant et à renforcer la formation des forces de sécurité et des professionnels intervenant dans la protection de l’enfance.

Dans cette déclaration, Phola Tedika Clarisse réaffirme l’engagement des assistants sociaux à dénoncer toutes les formes de violence faites aux enfants et à promouvoir leur intérêt supérieur, leur dignité, leur confidentialité, leur protection et leur accompagnement psychosocial.

« Un enfant n’est pas une image à exposer. Un enfant n’est pas une personne à humilier. Un enfant est un sujet de droits qu’il faut protéger », rappelle le secrétaire général des assistants sociaux pour la ville de Kinshasa.

Même lorsqu’un enfant a commis une faute, poursuit-elle, la réponse doit rester « humaine, légale et protectrice ». La protection de l’enfant, conclut-elle, commence par le respect de sa dignité, aussi bien dans la rue, dans les institutions que sur Internet.

Mardi 6 octobre 2026 - 13:37