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Dakar : Paul Nsapu plaide pour des enquêtes indépendantes et la fin de l’impunité face aux violations des droits humains en RDC

mar 13/10/2026 - 19:36
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Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, lors de son intervention à la 89e session ordinaire de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, à Dakar.
Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, lors de son intervention à la 89e session ordinaire de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, à Dakar.

Par Serge Mavungu

La lutte contre l’impunité, le renforcement des enquêtes indépendantes et la protection des défenseurs des droits humains constituent des mesures essentielles pour faire face aux violations des droits fondamentaux en République démocratique du Congo. Ces recommandations ont été mises en avant par Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), lors de son intervention à la 89e session ordinaire de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), organisée à Dakar, au Sénégal.

Mardi 13 octobre 2026, devant cette instance africaine, Paul Nsapu a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses concrètes aux violations des droits humains, particulièrement dans l’Est de la RDC, où le conflit armé continue d’affecter les populations civiles.

Selon lui, la guerre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue la principale cause des violations des droits humains dans le pays. Il a dénoncé l’occupation de vastes territoires par l’armée rwandaise et ses supplétifs du Mouvement du 23 mars et de l’Alliance Fleuve Congo (M23-AFC).

« Cette situation de guerre est la première cause des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces droits », a déclaré le président de la CNDH-RDC.

Des enquêtes indépendantes pour combattre l’impunité

Au-delà du constat des violations, Paul Nsapu a plaidé pour le renforcement des mécanismes judiciaires permettant d’identifier les auteurs présumés et de les traduire en justice. La CNDH-RDC recommande notamment des enquêtes indépendantes, des poursuites contre les personnes présumées responsables et une protection accrue des témoins ainsi que des défenseurs des droits humains.

« Celle-ci pourra se manifester au travers du renforcement des enquêtes indépendantes, des poursuites contre les auteurs présumés de violations des droits de l’homme, d’une protection plus accrue des témoins et des défenseurs des droits de l’homme ou encore de la mise en place d’une justice transitionnelle », a-t-il précisé, en référence à la lutte contre l’impunité.

La justice transitionnelle figure ainsi parmi les pistes préconisées par la CNDH-RDC pour répondre aux violations des droits fondamentaux. Cette approche vise notamment à favoriser la recherche de la vérité et à renforcer les mécanismes de justice face aux exactions commises.

L’Est de la RDC confronté à de multiples violations

Pour illustrer l’urgence de la situation, Paul Nsapu a énuméré plusieurs droits dont le respect est, selon lui, gravement compromis dans les territoires affectés par le conflit armé.

Il a notamment cité le droit à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité personnelle, ainsi que les libertés de circulation, d’expression et de manifestation. Il a également dénoncé les actes de torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Les femmes et les enfants figurent, selon le président de la CNDH-RDC, parmi les principales victimes de ces violences. Il a évoqué des viols commis par des hommes armés et déploré l’absence de poursuites contre leurs auteurs présumés.

La guerre affecte également l’accès à l’éducation. Paul Nsapu a signalé que de nombreux enfants ont cessé de fréquenter l’école en raison de la destruction d’établissements scolaires.

Les défenseurs des droits humains sont eux aussi exposés aux violences. Le président de la CNDH-RDC a déploré les assassinats de certains d’entre eux, tandis que d’autres ont dû fuir les territoires occupés pour se mettre à l’abri.

Face à cette situation, il a appelé les institutions africaines à accorder une attention particulière aux conséquences du conflit sur les populations civiles et à la nécessité de garantir le respect des droits fondamentaux.

Corruption et mauvaise gouvernance également pointées

L’intervention de Paul Nsapu ne s’est pas limitée aux territoires touchés par la guerre. Le président de la CNDH-RDC a également évoqué les violations des droits humains constatées dans les autres parties du pays, en s’appuyant sur le rapport de son institution consacré à l’année 2025.

Ce document fait état de multiples violations que la CNDH-RDC associe notamment à la corruption et aux conséquences de la mauvaise gouvernance des régimes successifs. Selon Paul Nsapu, ces facteurs ont contribué à fragiliser l’économie et les finances publiques.

Pour y remédier, la Commission recommande de renforcer les mécanismes nationaux de promotion et de protection des droits humains. Elle plaide également pour une consolidation des capacités opérationnelles de sa propre institution afin de lui permettre de remplir plus efficacement ses missions.

La coopération avec les institutions africaines renforcée

En marge de ses recommandations, Paul Nsapu a réaffirmé la volonté de la CNDH-RDC de poursuivre sa collaboration avec la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi qu’avec les autres organes du système africain de promotion et de protection des droits humains.

Il a notamment salué la visite effectuée en RDC par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples du 25 mai au 1er juin 2026.

À Dakar, le président de la CNDH-RDC a ainsi mis l’accent sur la nécessité de dépasser la simple dénonciation des violations des droits humains. Le renforcement des enquêtes, les poursuites judiciaires, la protection des victimes et des témoins ainsi que la lutte contre l’impunité constituent, selon les recommandations présentées, des leviers essentiels pour améliorer la protection des droits fondamentaux en RDC.

Mardi 13 octobre 2026 - 19:36