Par la Rédaction
Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, entend renforcer le contrôle des pratiques judiciaires afin de lutter contre les arrestations arbitraires et de contribuer au désengorgement de la prison centrale de Makala. Dans cette perspective, il a réuni, ce jeudi 5 novembre 2026, les hauts magistrats de son office autour d’une problématique préoccupante : la surpopulation carcérale et les conditions de détention dans cet établissement pénitentiaire.
Face à cette situation, le chef du parquet général près la Cour de cassation a annoncé la mise en place de commissions chargées de mener des inspections approfondies au sein des parquets inférieurs ainsi qu’à la prison centrale de Makala. L’objectif est de détecter les irrégularités susceptibles d’entraîner des détentions injustifiées et de contribuer à la réduction de la population carcérale.
« Ces commissions auront notamment pour mission d’examiner les dossiers judiciaires des personnes détenues, de vérifier la régularité des mandats d’arrêt provisoire et des autres titres de détention, ainsi que de s’assurer du respect des procédures légales en matière d’arrestation et de détention. L’opération concernera les deux ressorts des parquets généraux de Kinshasa, à savoir celui de la Gombe, qui compte sept offices, et celui de Matete, qui en comprend huit », a expliqué Mbayi Mwanza, avocat général près la Cour de cassation.
Dénonçant certaines arrestations qu’il estime arbitraires ou dépourvues de fondement pénal, Firmin Mvonde Mambu entend faire de ces inspections un mécanisme de contrôle, de sensibilisation et de discipline à l’endroit des magistrats des parquets inférieurs.
« La détermination y est pour obtenir les résultats escomptés. Et nous y croyons... L’objectif est de combattre les habitudes rétrogrades et les arrestations fantaisistes portant sur des faits qui ne relèvent pas du pénal. Cette démarche est à la fois formative pour nos collègues des parquets inférieurs, coercitive pour instaurer la discipline au sein du corps judiciaire, mais aussi humaniste, parce que nous jugeons des affaires humaines », a martelé Firmin Mvonde Mambu.
À travers cette initiative, le procureur général entend rappeler aux magistrats la nécessité d’exercer leurs prérogatives dans le strict respect des dispositions légales et des libertés fondamentales. Cette démarche pourrait également ouvrir la voie à une réduction de la population carcérale de Makala, qui avoisinerait actuellement les 16 000 détenus, alors que la capacité d’accueil initiale de cet établissement était de 1 500 places.