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En RDC, flambée des menaces contre le Cardinal Fridolin Ambongo et des édifices catholiques !

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Ambongo Fridolin
Ambongo Fridolin

Par Jean-Chrysostome Luntadila

Serait-ce déjà une chasse aux sorcières? On se croirait aux derniers jours du régime Kabila où des paroisses catholiques étaient profanées et des prêtres victimes d’arrestations arbitraires. Des lieux saints des Catholiques étaient envahis par des fanatiques du pouvoir de l’époque. Pendant cette période cruciale de l’histoire du pays, le numéro un de l’église universelle catholique en République démocratique du Congo était la cible des attaques du régime Kabila. Les positions «tranchées et excessives» de l’église catholique sur des questions politiques brûlantes ont fait le reste. Comme une répétition de l'histoire, des prélats catholiques devienent de plus en plus insupportables aux yeux des  hommes au pouvoir. Si l’interpellation du Cardinal Fridolin Ambongo lors des obsèques de l’Archevèque émerite Laurent Monsengwo Pasinya ont jeté le pavé dans la marre, celle sur la désignation du nouveau président du bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante empoisonne définitivement le brin du respect qui pouvait exister entre le pouvoir UDPS et l’Eglise.

Outre la profanation des lieux et des objets sacrés des paroisses catholiques à Mbuji-Mayi au Kasaï-Oriental, province d’origine du Chef de l’Etat, ce dimanche 01 août les jeunes pro pouvoir, visiblement très excités, ont tenté de casser le portail du siège de l'archidiocèse de Kinshasa et résidence du Cardinal Ambongo, le Centre Lindonge. A visage découvert, ces jeunes ont proféré des menaces verbales, intimidations et insultes à l’encontre du Cardinal.

L'affaire qui divise les Evêques catholiques et le pouvoir en place, c’est la dénonciation des actes de corruption «avérée» opérés pour faire asseoir Denis Kadima, un candidat soutenu par le parti au pouvoir, UDPS (Ndlr: Union pour la Démocratie et le Progrès Social). Durant deux grandes plénières, les huit confessions religieuses n’ont réussi à se mettre d'accord pour désigner le remplaçant de Corneille Nangaa, président sortant de la centrale électorale. La dernière proposition des prélats catholiques, appuyée par l’église soeur Protestante, d’écarter les candidats dont les rapprochements avec les états majors politiques ne font plus l’ombre des doutes, aurait envenimé les relations déjà tendues entre la Cenco et le pouvoir. Les églises catholique et protestante ne veulent pas s’éloigner de deux grands critères arrêtés pour les candidats: expérience et intégrité. Sur cet angle, Denis Kadima ne devrait pas passer président de la Ceni.     

Augustin Kabuya mobilise contre l’Eglise catholique

A la suite des évènements malheureux qui arrivent à l’Eglise, une vidéo est devenue virale sur la toile. En effet,  le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et progrès social a désacralisé le statut du Cardinal Ambongo lors d'une réunion publique. Le discours se tient dans une langue locale, lingala, devant la foule au siège du parti.

«Le Cardinal Ambongo ne peut pas nous impressionner par rapport à son statut. Nous ne sommes pas ses fidèles, vous entendez... Comme le Cardinal et Abbé Nshole (Secrétaire et porte-parole des évêques du congo) s’interessent trop à la politique qui nous concerne, nous les invitons à se faire identifier au ministère de l’intérieur comme parti politique», a déclaré Augustin Kabuya.

Et de renchérir: «Nous n’allons pas nous entendre avec ceux qui pensent qu’on ne peut pas toucher aux hommes de Dieu. C’est du n’importe quoi. Depuis longtemps, Ambongo et Nshole ont toujours détesté notre parti Udps».

Une plénière est annoncée ce lundi à l’assemblée nationale, soit trois jours après la remise d’un procès verbal de manque de consensus par les confessions religieuses sur le choix du président de la Céni. Les députés sont appelés à examiner la question dans sa profondeur comme l’exige la nouvelle loi portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante. Les politiciens vont-ils tenter de faire un passage en force de Denis Kadima, ou reprendre le processus à zéro ? L’opinion attend connaitre l’issue de cette plénière de tous les enjeux pour les prochains scrutins.

Lundi 2 août 2021 - 07:36