Rapport des experts de l'ONU sur le soutien du Rwanda au M23 : " C'est la méthode FATSHI qui a fait la différence", déclare Thierry Monsenepwo

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Thierry Monsenepwo
Thierry Monsenepwo reçu en audience par le président de la République Félix Tshisekedi à la Cité de l'UA

Par la rédaction

La publication du rapport des experts de l'ONU attestant le soutien du Rwanda aux terroristes du M23 suscite diverses réactions au sein de la classe politique congolaise. Très avisé sur les questions de l'heure,  Thierry Monsenepwo, cadre de l'Union sacrée et président de la ligue des jeunes de la CCU parti cher à Lambert Mende, salue la diplomatie agissante menée par le président Félix Tshisekedi. Dans une interview accordée à la presse, Thierry Monsenepwo appelle par ailleurs le conseil de sécurité de l'ONU de le publier en l'état sans que des esprits retors ne parviennent à en retrancher le moindre iota.

Ci-dessous l'intégralité de l'interview

Question : Jean Thierry Monsenepwo bonjour ! Hier des journalistes du Journal "Le Monde" ont dévoilé le contenu du rapport des experts des Nations-Unies qui attestent enfin de la présence de l'armée rwandaise sur le sol congolais aux côtés du M23. Est-ce un motif de satisfaction pour les Congolais ?

TM : Il n'y a pas matière à jubiler lorsque les experts des Nations-Unies dont le mandat a été renouvelé par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies confirment ce que tout le monde sait. L'occupation rwandaise depuis le 02 août 1998 n'est ignorée de personne. Elle n'a fait que changer de visage en passant du RCD au CNDP, et du CNDP au M23. Que les experts des Nations-Unies aient révélé un secret de Polichinelle et étayé une vérité de Lapalisse ne saurait en aucun cas émouvoir outre mesure les Congolais.

Question : Vous faites bien de revenir sur cette ingérence rwandaise vieille d'un quart de siècle, et pourtant c'est pour la première fois que les experts des Nations-Unies sont assez précis sur des détails de l'agression rwandaise - avec dates et images à l'appui - ainsi que sur l'ampleur du soutien logistique...?

TM : Ne nous enflammons pas trop vite, dans la mesure où ce rapport n'est pas encore rendu officiel par des instances habilitées du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Je perçois déjà dans les prises de parole de la porte-parole du gouvernement rwandais une volonté du Rwanda de chercher à édulcorer les conclusions de ce rapport avant sa publication officielle. À notre diplomatie d'être aux aguets pour que pareille infamie ne se produise pas. Néanmoins je ne serai pas dupe par rapport au fait que la divulgation dans la presse de ce rapport sulfureux est une pression supplémentaire sur le Conseil de Sécurité afin qu'il soit publié en l'état sans que des esprits retors ne parviennent à en retrancher le moindre iota.

Pour revenir à votre question de savoir ce qui a changé pour qu'enfin la communauté internationale qui couvrait les excentricités du Rwanda commence à les réprouver publiquement, la réponse est claire. Ce qui a fait basculer la tendance, c'est la méthode Tshisekedi. Dès son arrivée au pouvoir, le Président Tshisekedi a donné des gages que le Congo peut à nouveau rassurer non seulement ses neufs voisins, mais aussi ses partenaires traditionnels. La diplomatie clairvoyante du Chef de l'État sous-tendue par une gestion saine et transparente de l'État a fini par mettre en confiance les décideurs et à les convaincre pourquoi pas de déplacer leur curseur vers le CONGO. C'était un problème d'intelligence géostratégique. Il n'était guère sage pour un pays aussi stratégique que le Congo de chercher à se mettre à dos ses alliés traditionnels. Ceux-ci ne pouvaient que nous contourner par des têtes de pont comme le Rwanda et l'Ouganda. J'observe que grâce à l'entregent du Président Tshisekedi, il n'y a plus d'appréhension à avoir sur une improbable accointance avec des réseaux de la pègre affairiste orientale par exemple. Les Hezbollah et autres organisations internationales maffieuses n'ont plus droit de cité en RDC depuis l'alternance. Tout ceci ajouté à la bonne gouvernance ne peut que créer des nouvelles prédispositions auprès d'une communauté internationale qui, somme toute, n'a aucun intérêt à s'aliéner ce géant d'Afrique qu'est la RDC.

Question : en parlant d'intérêts, est ce que la crise énergétique née de la guerre en Ukraine n'est pas passée par là ?

TM : Assurément ! Et c'est dommage que le Président Kagame que l'on présente souvent comme un stratège n'ait pas lu les signes du temps. Il n'aurait jamais dû s'aviser d'agresser aussi ostentatoirement la RDC pendant que la Russie rôdait en Afrique pour déloger les occidentaux de leurs zones d'influence séculaires. Hélas, lorsque l'heure du déclin sonne, le déterminisme veut qu'on perde toute lucidité en ayant la tête dans le guidon. Le régime crépusculaire de Kigali n'aura à s'en prendre qu'à lui-même.

Pendant ce temps, le Président Tshisekedi a, quant à lui, mené avec brio une diplomatie séduisante au G20, à la conférence sur le climat à Glasgow, avec une méthodologie limpide et hyper efficace, à savoir présenter la RDC comme un pays solution. Un pays solution pour le deuxième poumon de la planète qu'il heberge, certes. Mais aussi et surtout le pays qui détient tous les métaux rares indispensables à la transition écologique. Tertio enfin, désormais un pays solution à la crise énergétique mondiale, qui vient de mettre sur le marché pas moins de 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers. Vous voyez bien qu'avec tout ce que le Chef de l'État a intelligemment placé sur la balance, le Rwanda, qui est un poids plume, ne pouvait pas peser. C'est aussi simple que ça.

Défis congolais : Merci d'avoir édifié nos lecteurs Monsieur MONSENEPWO. Il n'y avait pas parole plus suggestive. Votre lecture au second degré est pleine de perspicacité.

TM : C'est à moi de vous remercier .

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