Par Gloire Balolage
Face à la menace de l’épidémie d’Ebola, les pharmaciens du Nord-Kivu appellent la population au respect strict des mesures barrières et à éviter l’automédication. Dans une interview accordée à Opinion-info.cd ce lundi 18 mai 2026, le président du conseil provincial de l’ordre des pharmaciens du Nord-Kivu, Ahadi Bonheur, a insisté sur le rôle essentiel que doivent jouer les pharmaciens dans la prévention et l’orientation des malades en période de vigilance sanitaire accrue.
Selon lui, le pharmacien est souvent la première personne contactée par les habitants lorsqu’un problème de santé survient. Dans le contexte actuel, son rôle est avant tout de conseiller la population et d’orienter les personnes présentant des signes suspects vers un hôpital ou un centre de santé afin de permettre des investigations médicales appropriées.
Cette démarche, a-t-il souligné, permet de déterminer exactement de quelle maladie il s’agit et d’éviter des comportements susceptibles d’aggraver les risques de propagation.
Ahadi Bonheur a également mis en garde contre l’automédication, qu’il considère comme un danger en période d’épidémie. Il a rappelé que les habitants doivent éviter de prendre des médicaments sans avis médical et privilégier les structures sanitaires compétentes.
Le président du conseil provincial de l’ordre des pharmaciens appelle ainsi la population à se procurer des médicaments uniquement sur base de prescriptions médicales afin de limiter les risques liés à une mauvaise prise en charge des malades.
Il a aussi insisté sur l’importance du respect des mesures barrières pour contenir la maladie. Selon lui, l’épidémie peut être maîtrisée si chacun applique les recommandations sanitaires mises en place par les autorités et les équipes de riposte. Il a invité la population à rester calme et à adopter les gestes nécessaires pour se protéger et protéger les autres.
« Il faut juste respecter les mesures barrières. On peut contenir cette maladie si on les respecte », a-t-il déclaré, avant d’appeler chaque citoyen à faire « le minimum de ce qu’on peut faire pour se protéger ». Pour lui, la lutte contre Ebola est une responsabilité collective qui nécessite l’implication de tous afin de préserver la santé publique.
Au cours de cette interview, Ahadi Bonheur a également dénoncé la prolifération des « maisons de médicaments » dans le milieu pharmaceutique. Il regrette que « tout le monde se dise pharmacien », estimant que cette situation constitue un danger pour la population. Face à cette réalité, il recommande aux habitants de choisir des pharmacies viables et reconnues afin d’obtenir des médicaments sûrs et des conseils adaptés.
Enfin, il a fait savoir que les pharmaciens ont déjà été sensibilisés dans le cadre de la riposte contre Ebola. Il a indiqué que les membres de la profession ont reçu des consignes pour installer des points d’eau à l’entrée des pharmacies, afin de renforcer les mesures d’hygiène et de contribuer à la prévention de la maladie dans la province du Nord-Kivu.