Par Prehoub Urprus
L’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhemie Mwilanya, a réagi avec gravité, ce vendredi 23 mai 2025, à la décision du Sénat congolais levant les immunités du Président honoraire. Sur son compte X, il dénonce une "scène surréaliste" et estime que cette mesure marque une perte majeure pour la RDC -République démocratique du Congo-.
"Derrière la scène surréaliste de la levée des immunités du Président Joseph Kabila, c'est bien le Congo qui a perdu aujourd'hui ; perdu la gloire revêtue un certain 24 janvier 2019 ; perdu une chance pour la paix ; perdu sa place d'un modèle de démocratie. Le Pouvoir ne devrait pas s'en réjouir", a-t-il écrit.
Par cette déclaration, Néhemie Mwilanya fait référence à la première alternance pacifique du pouvoir en RDC, intervenue en janvier 2019, lorsque Joseph Kabila avait cédé le pouvoir à Félix Tshisekedi. Pour lui, l’action du Sénat sonne comme une remise en cause de cet acquis démocratique, avec des implications graves sur la cohésion nationale et la stabilité politique.
Cette réaction intervient alors que la décision du Sénat, en réponse à une requête du procureur général près la Haute Cour militaire, a provoqué une onde de choc dans les milieux politiques et juridiques. Certains y voient une avancée dans la lutte contre l'impunité, d’autres dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Membre influent du FCC -Front Commun pour le Congo-, Nehemie Mwilanya rejoint ainsi d'autres voix critiques au sein de la plateforme kabiliste, qui redoutent une judiciarisation ciblée des anciens dignitaires du régime.
L’avenir dira si cette étape marque une rupture institutionnelle ou une simple turbulence dans l’histoire démocratique encore fragile du Congo.