Par Stella Ungaro
C'est le tout petit détail qui échappe à tout le monde, mais qui a semé le chaos dans tout le processus d'évacuation des sinistrés au Site d'hébergement du Stade des Martyrs. L'opération d'évacuation des sinistrés, lancée officiellement le 12 août au Stade des Martyrs par le VPM de l'Intérieur, se poursuit. Si, pour le Stade Tata Raphaël, tout s'est bien passé, au contraire, pour les sinistrés du Stade des Martyrs, la fraude occasionnée par l'équipe des prestataires externes en remplacement des prestataires du site a complètement sapé et saboté tous les efforts de la coordination de ce site.
Avant le début du processus, lors de l'opération de distribution des jetons par la coordination, des présidents des pavillons avaient observé, au cours de l'appel nominal, de nouveaux noms qui leur étaient totalement inconnus. Après vérification avec leurs anciennes listes, certains noms étaient intacts, mais d'autres noms étaient remplacés par ces nouveaux noms. Certains noms de présidents de pavillons avaient aussi disparu. Cela avait suscité des remous, semant la panique au sein des sinistrés qui voulaient coûte que coûte en savoir davantage. Le service de contentieux mis en place pour statuer sur ces cas avait suspendu ses activités. Plusieurs cas n'avaient donc pas été traités.
Au moment de la paie, ces sinistrés dont les cas n'avaient pas été traités avaient besoin d'une assistance auprès de l'équipe de la coordination, mais il s'est avéré qu'elle était absente durant tout le processus. Après vérification, il semblerait que l'ordre était venu de leur hiérarchie suite à des soupçons de fraude. Une autre équipe externe avait pris le relais. Une situation qui a plongé des milliers de sinistrés dans une inquiétude profonde. Or, une fraude ne peut être constatée qu'à la suite d'une opération et non en amont. Ceci laisse présager un coup bien planifié pour permettre non seulement de semer le chaos, mais aussi aux personnes mal intentionnées de soutirer des billets dans les enveloppes et permettre aux fictifs de bénéficier des enveloppes à l'insu de la coordination.
Cet acte, qui paraissait anodin et de moindre portée pour ceux qui l'ont commis, a coûté cher à des milliers de sinistrés qui n'ont pas reçu leurs enveloppes avec le montant prévu. Sommés de ne pas déballer ces enveloppes, ils ont été surpris de constater que chaque sinistré avait reçu une enveloppe différente avec un montant différent l'un de l'autre. Différents montants sont cités en dollars : 1 020, 1 000, 900, 700, 640, 600, 500, voire même 300.
Pour échapper à la vigilance du CNC (Conseil National de Cybernétique) et dissimuler la révolte qui profilait déjà à l'horizon, les sinistrés ont été embarqués manu militari et déportés dans des bus Transco vers le Stade Tata Raphaël. Plusieurs ont été mis aux arrêts et acheminés au Commissariat du District de Funa. Les sinistrés en appellent à une enquête sérieuse pour élucider les forfaits commis dans le but de saper les efforts des uns et des autres après quatre mois de sacrifice. Pour eux, les auteurs de ce forfait doivent répondre de leurs actes et être sanctionnés.