RDC : Face à un bilan de 10 %, Judith Suminwa engage une refonte de la politique nationale envers la diaspora

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Par Prosper Buhuru

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a clôturé, ce jeudi 27 novembre 2025, à Kinshasa, l’atelier d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations issues des différents forums consacrés à la diaspora congolaise. Plusieurs délégations ministérielles ainsi que des représentants des communautés congolaises établies à l’étranger ont pris part à cette rencontre stratégique destinée à redéfinir le cap de la politique nationale envers les Congolais de l’extérieur.

Dans son allocution, la Cheffe du Gouvernement a rappelé la priorité que le Président Félix-Antoine Tshisekedi accorde à la diaspora. La nomination d’un ministre délégué dédié, a-t-elle souligné, traduit "la volonté ferme du chef de l’État d’accélérer la concrétisation des engagements pris et de renforcer un dialogue permanent, structuré et efficace" entre la Nation et ses ressortissants établis à l’étranger.

Judith Suminwa a présenté la diaspora comme "une force vive, un levier stratégique, un acteur économique majeur et un réservoir de compétences". Dans un contexte marqué par "l’agression imposée à notre pays par le Rwanda sous couvert du mouvement terroriste AFC/M23", elle a rappelé le rôle diplomatique et communicationnel crucial de cette communauté dispersée à travers le monde.

L’atelier de Kinshasa, a-t-elle précisé, n’avait rien d’un simple exercice technique. Il s’agissait d’un "processus de gouvernance publique" visant à améliorer l’efficacité de l’action nationale envers la diaspora. La vision du Gouvernement est claire : reconnaître les Congolais de l’étranger comme "partenaires de développement, moteurs d’innovation et ambassadeurs culturels à part entière".

La Première Ministre s’est dite confiante que les travaux réalisés permettront de matérialiser cette vision et d’accélérer l’implication de la diaspora dans la transformation du pays.

Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, en charge de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu, a dévoilé les résultats de l’évaluation. Sur plus de cinquante recommandations formulées entre 2008 et 2021, l’analyse approfondie s’est concentrée sur six priorités jugées essentielles pour structurer une véritable politique nationale de la diaspora.

Selon Crispin Mbadu, le niveau global de mise en œuvre atteint à peine 10 %, un taux qualifié de très faible. Il a attribué cette performance à des "obstacles récurrents", désormais clairement identifiés.

Pour lui, un changement de méthode s’impose : "Le temps n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’exécution méthodique. La crédibilité de notre action collective en dépend."

Le ministre délégué a appelé à l’utilisation rigoureuse de la nouvelle "boussole opérationnelle" définie pour les six à douze prochains mois, afin d’engager une relation État–Diaspora renouvelée, structurée et mutuellement bénéfique, conformément à la vision du chef de l’État.

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Vendredi 28 novembre 2025 - 07:41