Par Serge Mavungu
L’Ambassade de la République démocratique du Congo à Washington D.C. entend donner une portée internationale au devoir de mémoire autour du Génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST). La représentation diplomatique annonce, pour jeudi 20 août 2026, un webinaire consacré à la mémoire des victimes des conflits dans l’Est de la RDC et aux moyens de renforcer la mobilisation internationale en faveur d’une paix durable.
Selon une annonce publiée sur son compte X, l’Ambassade de la RDC aux États-Unis invite le public à prendre part à cette rencontre virtuelle prévue de 13h à 15h, heure de l’Est. Les échanges porteront sur le thème : « Le GENOCOST : mémoire, reconnaissance, justice réparatrice et mobilisation internationale pour une paix durable en RDC ».
À travers cette initiative, la diplomatie congolaise entend notamment maintenir la question du GENOCOST dans le débat international, en mettant l’accent sur la mémoire des victimes, la reconnaissance des crimes commis en RDC et la nécessité d’une réponse fondée sur la justice et la réparation.
Le 2 août, une journée dédiée à la mémoire
Le GENOCOST désigne, dans la terminologie officielle congolaise, le « génocide congolais pour des gains économiques ». Il renvoie aux violences, massacres et graves violations des droits humains commis au cours de plusieurs décennies de conflits en RDC, particulièrement dans l’Est du pays, dans un contexte marqué notamment par l’exploitation et le pillage des ressources naturelles.
La date du 2 août constitue désormais le rendez-vous national consacré à cette mémoire. L’article 28 de la loi n°22/065 du 26 décembre 2022 a institué cette date comme Journée nationale du GENOCOST, destinée au souvenir, au recueillement et à la transmission de cette mémoire aux générations futures.
La première commémoration officielle du GENOCOST a été organisée le 2 août 2023 à Kinshasa, sous la présidence de Félix Tshisekedi. Cette cérémonie avait rendu hommage aux millions de victimes des atrocités commises en RDC et mis en avant les questions de justice et de lutte contre l’impunité.
En 2024, la commémoration nationale s’est notamment tenue à Kisangani, avec un hommage particulier aux victimes de la guerre de six jours, qui avait opposé les armées rwandaise et ougandaise dans la ville en 2000. Un mémorial dédié aux victimes de cette tragédie y a également été érigé.
De la mémoire à la reconnaissance internationale
Au fil des commémorations, le plaidoyer congolais autour du GENOCOST s’est progressivement élargi à la reconnaissance, à la justice et aux réparations. En août 2025, Félix Tshisekedi avait appelé les deux chambres du Parlement à adopter une résolution reconnaissant officiellement les génocides commis sur le territoire congolais. Il avait également appelé la communauté internationale à soutenir les démarches visant à établir la vérité, rendre justice aux victimes et poser les bases d’une paix durable.
Cette dimension internationale s’est également manifestée à New York en septembre 2025, lorsque le chef de l’État avait plaidé pour une reconnaissance mondiale du GENOCOST, estimant que certains crimes commis en RDC relevaient d’une logique et d’une intention génocidaires.
Dans cette dynamique, les représentations diplomatiques congolaises sont appelées à jouer un rôle important. Le ministère des Affaires étrangères avait notamment demandé aux missions diplomatiques et consulaires de donner une visibilité internationale à la commémoration du GENOCOST et de mobiliser les partenaires autour des impératifs de vérité, de justice et de réparation.
Le webinaire annoncé par l’Ambassade de la RDC à Washington s’inscrit ainsi dans cette démarche de diplomatie mémorielle. Au-delà de l’hommage aux victimes, la rencontre du 20 août entend placer au cœur des échanges la reconnaissance du GENOCOST, la justice réparatrice et la mobilisation de la communauté internationale en faveur d’une paix durable en République démocratique du Congo.