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Diplomatie climatique : « l'Afrique doit transformer ses atouts environnementaux en levier de puissance », selon un expert congolais

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Par Denise Kyalwahi

L'Afrique doit faire de la diplomatie climatique un instrument de développement et de puissance géopolitique, plutôt que de se limiter à réclamer des compensations aux pays industrialisés, a estimé M. Claude Mboyo, docteur en relations internationales et chercheur sur le climat et directeur de la diplomatie climatique en RDC.

« Le changement climatique et la diplomatie, c'est un jeu de puissance », a déclaré M. Mboyo, directeur général du Centre diplomatique du climat en République démocratique du Congo (RDC), lors d'une intervention consacrée aux enjeux climatiques en Afrique.

Le continent africain est particulièrement vulnérable au changement climatique, alors qu'il contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Selon M. Mboyo, cette situation doit conduire les pays africains à mieux défendre leurs intérêts dans les négociations internationales sur le climat, notamment en matière de financement, de technologies et d'adaptation.

Le bassin du Congo, dont une grande partie se trouve en RDC, constitue à ses yeux un atout stratégique majeur. Cet espace forestier joue un rôle important dans la régulation du climat mondial, mais reste exposé aux pressions environnementales et aux effets du dérèglement climatique.

Pour l'expert congolais, les ressources naturelles africaines ne doivent toutefois plus être considérées comme une simple « potentialité ». Elles doivent être transformées localement en richesses, technologies, emplois et infrastructures.

« On ne devient pas puissant par hasard », a-t-il lancé, appelant les États africains à investir davantage dans la recherche scientifique, l'innovation et les technologies bas carbone.

Il a également plaidé pour une plus grande autonomie stratégique dans les négociations climatiques, estimant que les pays africains doivent définir eux-mêmes leurs priorités en matière de financement, de transition énergétique et de développement.

« Il nous faut investir local avant de jouer au sauveur du monde », a conclu Claude Mboyo, appelant l'Afrique à renforcer d'abord ses propres capacités avant de prétendre apporter des solutions à la crise climatique mondiale.

Samedi 12 septembre 2026 - 00:50