Par Prosper Buhuru
Dans une interview accordée à France 24, l’opposant Martin Fayulu a rompu le silence à propos de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, réagissant à l’occupation de la ville stratégique d’Uvira par le M23-AFC soutenu par le Rwanda. Pour le président de l’ECIDE, la signature de l’accord de Washington, le 4 décembre 2025, a placé le chef de l’État congolais dans une position de vulnérabilité politique et diplomatique.
Selon lui, le document signé dans la capitale américaine a ouvert la voie à une interprétation inversée du conflit.
"Dans l’accord de Washington, Tshisekedi a été piégé : on tente de présenter le Rwanda comme victime alors que c’est lui qui a agressé la RDC. Et c’est la population congolaise qui en paie le prix, entre morts, déplacés et réfugiés. Gardons le regard sur l’essentiel, le Dialogue", a réagi l’opposant.
Ces déclarations surviennent quelques jours après que les rebelles du M23-AFC, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Un développement qui a ravivé les critiques sur l’impact réel des engagements de Washington et sur les risques politiques qui en découlent.
La dimension internationale du dossier continue également de susciter des réactions. Le Président américain Donald Trump, qui avait supervisé la rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, a déclaré : « ... en réalité, j’ai arrêté la guerre entre le Congo et le Rwanda, et ils m’ont dit : "S’il vous plaît, s’il vous plaît, nous aimerions que vous veniez prendre nos minerais", ce que nous ferons. » Une sortie qui relance les interrogations sur les motivations géostratégiques entourant l’accord.
Pour rappel, le 4 décembre 2025, les Présidents congolais et rwandais avaient entériné à Washington un document censé ouvrir un nouveau cycle de désescalade. Mais l’occupation d’Uvira par le M23-AFC, quelques jours plus tard, a immédiatement fragilisé la perception publique de ce processus, alimentant les tensions politiques internes.