RDC - Filière cupro-cobaltifère : le Gouvernement lève partiellement la suspension des entités de traitement au Lualaba

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Louis Kabamba Watum, ministre des Mines en RDC [photo d’illustration]
Louis Kabamba Watum, ministre des Mines en RDC [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a annoncé une levée partielle et momentanée de la suspension des activités minières et de commercialisation des entités de traitement de la filière cupro-cobaltifère, limitée exclusivement à la province du Lualaba. Cette décision fait suite à la finalisation de la mission de contrôle de conformité menée par la commission instituée à cet effet par arrêté ministériel.

Dans un communiqué rendu public, le 5 janvier 2026, le ministère des Mines précise que la commission, composée de trois sous-commissions chargées respectivement des aspects administratifs et juridiques, techniques ainsi que de la traçabilité et de la conformité, a conduit ses travaux dans un climat de calme et de collaboration. Ces travaux ont bénéficié de l’accompagnement de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, du Gouvernement provincial, du Conseil provincial de sécurité, ainsi que de la participation des coopératives minières, des négociants et de la société civile.

Au terme de cette mission, la commission a constaté des violations généralisées du Code et du Règlement miniers par l’ensemble des entités de traitement contrôlées. Malgré ces manquements, le Gouvernement a opté pour une approche graduelle, combinant rigueur réglementaire et mesures transitoires, afin d’éviter une paralysie brutale de la filière.

Ainsi, les entités de traitement opérant dans le Lualaba bénéficieront d’une levée partielle et temporaire de la suspension, sous conditions strictes. En revanche, dans la province du Haut-Katanga, où les contrôles se poursuivent, les entités sont uniquement autorisées à réceptionner les minerais déjà présents sur les sites artisanaux légaux ou tolérés, sous l’encadrement des services provinciaux compétents, notamment la Division provinciale des Mines, le SAEMAPE, ainsi que les représentants des coopératives et des négociants.

Chaque entité concernée recevra, dans un délai de 72 heures à compter de la publication du communiqué, une notification individuelle détaillant les mesures d’accompagnement exigées pour la réparation des manquements constatés. Ces notifications préciseront également les pénalités financières à acquitter, conformément à la législation minière en vigueur.

Le ministère a, toutefois, exclu l’entreprise Luilu Resources de cette levée partielle. Bien que s’étant présentée devant la commission, celle-ci n’a fourni aucun document probant relatif aux exigences techniques et de traçabilité. Elle est sommée de se représenter devant la commission à Lubumbashi, dans un délai de trois jours, sous peine de sanctions plus lourdes.

Louis Kabamba Watum rappelle que ces mesures s’inscrivent dans la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière. L’objectif affiché est d’assainir durablement la chaîne d’approvisionnement, tout en garantissant le respect des principes de diligence raisonnable de l’OCDE et du Manuel national de traçabilité. Le maintien ou la levée définitive de la suspension restera conditionné à la régularisation effective de chaque entité, conformément aux notifications qui leur seront adressées.

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Lundi 5 janvier 2026 - 19:19