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Crise humanitaire en RDC : le Gouvernement congolais et l’OCHA lancent un appel conjoint de 1,4 milliard de dollars pour sauver des millions de vies

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La ministre des affaires sociales Ève Bazaiba [photo d'illustration]
La ministre des affaires sociales Ève Bazaiba [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Alors que près de 15 millions de personnes ont besoin d’une aide vitale en République démocratique du Congo, seuls 7,3 millions de Congolais pourront être assistés en 2026, en raison de l’insuffisance des financements disponibles. Cette situation dramatique illustre les limites actuelles de la réponse humanitaire, contrainte à des choix drastiques qui réduisent considérablement l’ampleur de l’assistance.

C’est dans ce cadre que, le Gouvernement congolais, en collaboration avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des nations unies (OCHA) et ses partenaires humanitaires, a lancé un appel conjoint à la mobilisation internationale de 1,4 milliard de dollars américains. Cet appel vise à réunir les moyens nécessaires pour soutenir des millions de citoyens confrontés à une crise humanitaire profondément enracinée, parmi les plus persistantes et les plus négligées au monde.

Faute de financements suffisants, la réponse humanitaire sera recentrée sur 7,3 millions de personnes, alors que près de 15 millions ont pourtant besoin d’assistance et de protection vitales. Ce recentrage marque un recul significatif par rapport à 2025, année durant laquelle 11 millions de personnes étaient ciblées par les interventions humanitaires, traduisant un affaiblissement progressif des capacités d’intervention.

Cette réduction repose sur une priorisation stricte en faveur des populations confrontées aux menaces les plus immédiates pour leur survie. Elle intervient dans un contexte national particulièrement critique, marqué par la persistance des conflits armés, les déplacements et retours massifs de populations, les chocs climatiques récurrents ainsi que la multiplication des épidémies, qui aggravent continuellement les vulnérabilités.

Les conséquences du sous-financement humanitaire se sont déjà fait sentir en 2025. Selon OCHA, plus de 1 000 centres de nutrition ont été fermés, privant plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d’une prise en charge adaptée. Dans le secteur de la santé, environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins primaires à la suite de la fermeture de structures sanitaires, de ruptures de stock de médicaments vitaux et de l’affaiblissement des capacités de prévention et de réponse aux épidémies.

Parallèlement, l’assistance alimentaire mensuelle a été réduite jusqu’à 73 %, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation. Face à cette situation, le Coordonnateur humanitaire en RDC, Bruno Lemarquis, a reconnu la gravité des choix imposés par le manque de ressources. 

Il a souligné que l’ampleur des besoins, combinée à la faiblesse des financements, contraint la communauté humanitaire à des arbitrages extrêmement difficiles, appelant à un engagement financier renouvelé pour préserver la dignité des populations et éviter que des millions de personnes ne soient privées d’un soutien vital.

Le plan humanitaire 2026 s’inscrit par ailleurs dans un contexte sécuritaire fortement dégradé dans l’Est du pays depuis janvier 2025. Les affrontements au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ont profondément modifié les besoins humanitaires, perturbé les chaînes d’approvisionnement, accru les contraintes sécuritaires et administratives, et rendu l’accès aux populations plus dangereux et plus complexe.

Au-delà de l’urgence, Bruno Lemarquis plaide pour un changement de paradigme, estimant que l’assistance humanitaire, bien qu’indispensable pour sauver des vies, ne peut à elle seule résoudre les causes profondes des crises. Il insiste sur la centralité de la paix, des solutions politiques, de la prévention et du renforcement du nexus Humanitaire–Développement–Paix pour réduire durablement les besoins.

Souvent absente des grands titres internationaux, la crise humanitaire en RDC demeure pourtant l’une des plus longues et des plus délaissées au monde. Malgré un déficit de financement alarmant, la communauté humanitaire réaffirme sa mobilisation aux côtés du Gouvernement congolais pour sauver des vies, protéger les civils et renforcer la résilience des populations, tout en rappelant que seule une mobilisation financière à la hauteur des besoins permettra d’élargir et d’intensifier durablement cette réponse.

Jeudi 29 janvier 2026 - 13:50