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Éboulements meurtriers à répétition à Rubaya : le Gouvernement annonce des poursuites contre les réseaux d’exploitation illégale

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Patrick Muyaya, ministre de Communication et Médias, et porte-parole du Gouvernement congolais
Patrick Muyaya, ministre de Communication et Médias, et porte-parole du Gouvernement congolais

Par Prosper Buhuru

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a déploré, dimanche 8 mars 2026, une nouvelle tragédie humaine survenue la veille sur le site minier de Gakombe, dans le périmètre de Rubaya, territoire de Masisi, au Nord-Kivu, à la suite d’un glissement de terrain ayant englouti plusieurs galeries exploitées illégalement.

Selon un communiqué officiel, l’accident s’est produit le samedi 7 mars aux environs de 4 heures du matin sur ce site également connu sous le nom de Gatambi Kalambairo, situé dans le périmètre du permis d’exploitation PE-16159 de la SAKIMA. Les premières informations font état de plusieurs morts, dont des nourrissons et des enfants, ainsi que de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels ayant touché des habitations proches dans le village de Kalambairo.

D’après le Gouvernement, la catastrophe serait survenue après de fortes pluies dans un contexte de creusage intensif et non contrôlé dans cette zone minière. Les autorités évoquent également un traumatisme profond au sein des communautés locales touchées par le drame.

Le communiqué souligne, toutefois, que l’accès à la zone reste limité en raison de l’insécurité persistante dans cette partie du territoire de Masisi ; ce qui empêche pour l’instant l’établissement d’un bilan précis et indépendant de la catastrophe.

Face à cette situation, le Gouvernement a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé sa compassion aux communautés de Rubaya et de l’ensemble du territoire de Masisi. Il a également assuré les blessés et les survivants de la solidarité nationale.

Les autorités congolaises rappellent que cette tragédie intervient après deux autres catastrophes survenues le 28 janvier et le 3 mars 2026 dans les mêmes sites miniers de Rubaya. En l’espace de trente-sept jours, ces incidents ont coûté la vie à plusieurs centaines de personnes, principalement des creuseurs artisanaux travaillant dans des conditions jugées extrêmement dangereuses.

Pour le Gouvernement, la répétition de ces drames met en évidence les risques majeurs auxquels sont exposées les populations civiles, notamment les creuseurs artisanaux et des enfants contraints de travailler dans des galeries instables et non sécurisées.

Les autorités rappellent, par ailleurs, que le périmètre minier de Rubaya est officiellement classé « zone rouge », ce qui interdit toute activité d’extraction, de transformation ou de commercialisation des minerais qui en sont issus. Les activités de creusage qui s’y poursuivent constituent, selon le communiqué, une violation de la législation congolaise et des normes élémentaires de sécurité.

Dans ce contexte, le Gouvernement affirme que ces activités s’inscrivent dans un système d’exploitation illégale des ressources naturelles de la République démocratique du Congo alimentant une économie de guerre dans cette zone sous occupation.

Kinshasa assure, en outre, qu’il poursuivra ses efforts pour rétablir l’intégrité territoriale du pays et mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources naturelles. Les autorités annoncent également leur intention de saisir les juridictions compétentes contre toute personne impliquée, directement ou indirectement, dans ces circuits d’exploitation et de commercialisation illicites des minerais.

Enfin, le Gouvernement appelle la communauté internationale à mesurer l’ampleur de cette tragédie humaine et à renforcer son engagement face aux conséquences de l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les zones affectées par le conflit.

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Lundi 9 mars 2026 - 08:33