Par Serge Mavungu
À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement célébrée ce 30 avril 2026, la RDC rappelle que l’école reste la base de son développement. L’édition 2025 intervient alors que plusieurs chantiers sont ouverts pour élargir l’accès à l’éducation et en relever le niveau.
Comptant plus de 100 millions d’habitants, dont environ 60 % de moins de 25 ans, le pays érige l’enseignement en axe central de sa politique de développement. L’arrivée massive d’enfants dans les salles de classe chaque année exige une réponse forte et cohérente.

La gratuité du primaire a permis de franchir le cap des 20 millions d’élèves
Décidée par le chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la gratuité de l’enseignement primaire a bouleversé le secteur éducatif.
Le ministère de l’Éducation recense désormais plus de 20 millions d’enfants au primaire, alors qu’ils étaient près de 12 millions avant la mesure. Cette hausse traduit l’effet immédiat de la réforme sur la scolarisation.
Pilotée par l’exécutif de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’initiative a allégé les charges de nombreux foyers et renforcé l’inclusion scolaire.
Des choix budgétaires pour pérenniser la gratuité du cycle de base
Le Gouvernement lie la gratuité à l’amélioration des conditions d’études et de travail. Le corps enseignant, estimé à plus de 800 000 membres, a longtemps exercé dans la précarité.
Les actions engagées ont permis de stabiliser le paiement des salaires, d’intégrer petit à petit les « nouvelles unités » dans le fichier de paie officiel, et d’ajuster progressivement les rémunérations.
Le dossier des retraités avance également. Des milliers d’enseignants touchent désormais leurs droits, signe d’une volonté de réparer des retards accumulés.
D’après le Vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, 4 000 enseignants devraient partir à la retraite dans une première phase. L’objectif : mieux gérer la masse salariale et créer de l’espace budgétaire pour le secteur.
À compter de 2026, 43 000 départs à la retraite sont programmés, avec des indemnités de fin de carrière inscrites dans le prochain collectif budgétaire.
En parallèle, 3 000 enseignants additionnels seront pris en charge dès avril, ce qui met fin au non-paiement qui affectait une partie du personnel.
« Le collectif budgétaire que je vais défendre en mai au Parlement prévoit 16 milliards de dollars de ressources propres. Cette enveloppe permettra notamment d’absorber 3 000 enseignants de plus », a précisé Adolphe Muzito lors du lancement du Segment politique de haut niveau sur le financement durable de l’éducation.
Des obstacles demeurent : déficit d’infrastructures, classes parfois de plus de 50 élèves et besoin d’améliorer la qualité pédagogique. L’exécutif compte y répondre, entre autres, via le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 T), qui appuie la construction d’écoles pour réduire les écarts entre régions.
Les réformes en cours traduisent l’ambition de construire une école plus juste et efficace, au service du développement, de la citoyenneté et de l’éthique.
Le pays salue, ce 39 avril 2026, les enseignants, artisans de l’avenir, et poursuit la réflexion pour renforcer un système éducatif capable de transformer durablement la jeunesse.