Par Serge Mavungu
Kinshasa, 29 avril 2026 – Les premiers États généraux des postes et télécommunications se sont achevés, mercredi 29 avril 2026, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à l’initiative du ministère des Postes et Télécommunications. Trois journées de travaux réunissant pouvoirs publics, opérateurs privés et spécialistes ont abouti à une feuille de route : positionner le numérique comme axe majeur du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024-2028.
Un secteur clé pour la stratégie nationale
Organisées sous le haut patronage du Président de la République et clôturées par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les assises ont dressé un état des lieux lucide. Le secteur recèle un fort potentiel mais souffre encore de faiblesses structurelles.
L’exécutif veut désormais passer des recommandations à l’exécution, dans l’esprit du PAG. Le Pilier III prévoit explicitement de « numériser la société congolaise ».
Satisfaction du secteur privé face à la volonté politique
Intervenant pour le privé, Laurent Ntumba, président de la commission télécoms de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), a apprécié l’engagement personnel de la Cheffe du Gouvernement.
« Madame la Première ministre, votre présence nous honore… Nous faisons confiance à ce Gouvernement et nous espérons des mesures fortes pour encourager l’investissement et relever la qualité des services », a déclaré Laurent Ntumba.
Cette prise de parole reflète les attentes d’un cadre plus favorable, aligné sur les réformes du PAG destinées à assainir le climat des affaires et attirer les capitaux privés.
Le numérique, moteur de croissance selon le ministre Mpanda
Pour le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda, ces assises ont une dimension stratégique.
« La RDC est à une étape charnière… Nous ne pouvons pas passer à côté de la révolution numérique. Elle doit devenir un outil de progrès économique et social », a-t-il souligné.
Il a qualifié les États généraux de « plateforme d’intelligence collective » ayant généré des propositions pratiques, notamment sur la refonte du cadre juridique, l’accélération de la digitalisation et l’amélioration du climat des affaires.
Place à l’action, annonce Judith Suminwa
En clôturant les travaux, la Première ministre a annoncé l’entrée dans une phase opérationnelle, en phase avec le Programme d’Actions du Gouvernement.
« Ces États généraux ne sont pas une formalité. Ils ont été un exercice de vérité… et constituent désormais le coup d’envoi de l’action. Le constat est dur mais objectif : infrastructures limitées, couverture déséquilibrée, réglementation dépassée… Mais notre potentiel reste immense », a insisté la Première ministre.
Elle a mis l’accent sur la souveraineté numérique, appelant la RDC à maîtriser ses outils technologiques et ses leviers stratégiques.
Judith Suminwa a illustré l’impact des télécoms par des cas concrets : comment elles peuvent effacer les distances et rapprocher l’administration, le savoir et les marchés de chaque citoyen.
« Un Congo connecté, c’est un Congo plus solide. Un Congo où l’agriculteur de Kindu, au Maniema, vend sa récolte via le numérique ; où l’étudiant de Bandundu-ville, au Kwilu, consulte les connaissances les plus pointues ; où l’agent public de Bumba, dans la Mongala, accède aux services de l’État en ligne sans voyager des centaines de kilomètres. Ce Congo n’est pas un rêve. C’est celui que nous bâtissons », a-t-elle affirmé.
Pour la Cheffe de l’exécutif, les réseaux de communication doivent devenir la base de la transformation numérique, essentielle à l’unité économique, à l’inclusion sociale et à l’indépendance nationale.
Ces États généraux s’imposent ainsi comme un outil concret de déploiement du PAG, surtout dans son volet numérique, avec l’ambition d’un Congo « connecté » portée par le Gouvernement Suminwa.