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RDC : une coalition citoyenne présente la réforme constitutionnelle comme réponse aux défis sécuritaires et économiques

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Archevêque Evariste Ejiba Yamapia
Archevêque Evariste Ejiba Yamapia

Par Serge Mavungu

Adoptée en 2006 dans un contexte de sortie de crise, la Constitution actuelle est jugée inadaptée par la Coalition citoyenne pour la nation face aux réalités sécuritaires, économiques et sociales de la RDC d’aujourd’hui. Face à l’agression dans l’Est, à l’instabilité des exécutifs provinciaux et à un système jugé lourd et coûteux, la coalition plaide pour une refonte et explique ce que ce changement apporterait concrètement.

Sur le plan diplomatique, a déclaré l’orateur principal de l’activité, l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia, la révision viserait à redéfinir les conditions des traités internationaux et à mieux encadrer la coopération militaire et sécuritaire. L’objectif affiché est de passer à une diplomatie de puissance qui protège mieux les intérêts du pays et évite les engagements extérieurs sans retombées claires pour la RDC. Cela passerait aussi par des mécanismes plus souples pour proclamer l’état de siège ou d’urgence en cas d’agression extérieure.

Sur le plan sécuritaire et de la souveraineté, la coalition propose de renforcer le rôle du chef de l’État comme garant de l’intégrité territoriale. Elle rouvre également le débat sur l’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine et sur un verrouillage strict de l’accès aux fonctions régaliennes. L’idée est d’éviter les infiltrations et de protéger la présidence, la primature, les ministères régaliens et le commandement de l’armée et de la police.

Sur le plan culturel et social, le changement mettrait l’accent sur l’identité et le lien entre l’État et les citoyens. La coalition veut sanctuariser la gratuité de l’enseignement et des soins de santé de base, et faire de la transformation locale des matières premières une obligation avant toute exportation. L’objectif est de créer une chaîne de valeur nationale et d’ancrer l’économie dans la réalité congolaise, plutôt que de rester dépendante de l’exportation brute.

Sur le plan environnemental, le projet veut inscrire dans la Constitution le statut de la RDC comme « pays solution » face au changement climatique. Cela impliquerait la protection des forêts et la conditionnalité de l’accès aux ressources naturelles à des retombées directes pour les populations, notamment via le marché carbone et les crédits biodiversité.

Pour appuyer sa démarche, la coalition a mené une consultation dans les 26 provinces et dans la diaspora. Les résultats montrent une large adhésion au principe du changement : plus de 80 % des personnes interrogées se sont prononcées pour une réforme en profondeur plutôt que pour une simple révision du texte actuel.

La coalition, qui réunit des organisations de la société civile confessionnelle et non confessionnelle, recommande que ce débat se fasse dans le consensus et de manière transparente, article par article, afin d’éviter les accusations de dérive autoritaire. Elle appelle la société civile à jouer un rôle d’observateur critique pour garantir les libertés fondamentales, l’alternance et l’indépendance de la justice.

Mercredi 13 mai 2026 - 11:38