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Sud-Kivu : 12 mouvements citoyens rejettent toute révision constitutionnelle et dénoncent un "troisième mandat déguisé"

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Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors d’une conférence de presse le 6 mai 2026 à la  Cité de l’Union africaine [photo d'illustration]
Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors d’une conférence de presse le 6 mai 2026 à la Cité de l’Union africaine [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

Douze mouvements citoyens actifs dans la province du Sud-Kivu ont publié, ce mardi 12 mai 2026, un communiqué conjoint dans lequel ils s’opposent fermement à toute initiative de révision de la Constitution ou de prolongation du mandat présidentiel en République démocratique du Congo.

Dans cette déclaration, les organisations signataires affirment avoir suivi avec attention le point de presse tenu le 6 mai dernier à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi. Elles disent avoir relevé, à travers certaines déclarations du chef de l’État, des signaux laissant entrevoir l’ouverture d’un débat politique autour d’un éventuel changement constitutionnel et d’un dépassement du mandat présidentiel.

Les mouvements citoyens estiment que cette orientation intervient dans un contexte national particulièrement critique, marqué notamment par la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays, les difficultés économiques, les tensions politiques ainsi qu’une forte précarité sociale touchant une grande partie de la population congolaise.

Selon les signataires, les Congolais attendaient prioritairement du président de la République des réponses concrètes sur la guerre dans l’Est, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Ils soutiennent que les populations espéraient des annonces relatives à la reconquête des territoires occupés, à la protection des civils, au retour des déplacés et à la restauration de la sécurité.

Dans leur communiqué, les mouvements citoyens considèrent qu’aucune réforme constitutionnelle ne peut être engagée dans un climat marqué par la guerre, la méfiance politique et les souffrances sociales. Ils avertissent qu’un débat sur le maintien au pouvoir du chef de l’État risquerait, selon eux, d’accentuer les tensions nationales et de fragiliser davantage la cohésion du pays.

Les organisations rappellent également que la Constitution de 2006 constitue, selon elles, un "pacte national" issu de nombreux sacrifices et qu’elle ne devrait pas être utilisée à des fins politiques circonstancielles. Elles appellent la jeunesse, les organisations citoyennes, les confessions religieuses, les intellectuels ainsi que l’ensemble des forces vives de la nation à demeurer vigilants dans la défense de l’ordre constitutionnel et des principes démocratiques.

Dans un ton particulièrement ferme, les signataires rejettent explicitement toute perspective de "pouvoir à vie" et affirment leur attachement au principe de l’alternance démocratique. Ils soutiennent que les priorités nationales devraient être concentrées sur la restauration de la paix, la protection des populations civiles et le rétablissement de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national.

Le communiqué est signé notamment par les mouvements citoyens Lucha, Filimbi, Front Citoyen, Génération Z RDC, Parlement de la Rue, Militants de la Démocratie, Non Violence Academia, Les Deboutistes, La Lutta, Urgences Panafricanistes ainsi que plusieurs autres structures citoyennes du Sud-Kivu.

Les signataires concluent en affirmant que "la Constitution est sacrée" et promettent de poursuivre leur mobilisation citoyenne pour défendre, selon leurs termes, l’ordre démocratique et constitutionnel en République démocratique du Congo.

Mardi 12 mai 2026 - 19:54