Par Gloire Balolage
Le débat autour du respect des institutions et du traitement judiciaire des propos injurieux continue d’alimenter les discussions en République démocratique du Congo. Au lendemain du communiqué publié par le ministère de la Justice concernant les insultes et attaques verbales dirigées contre le président de la République, plusieurs réactions se multiplient au sein de la société civile et de l’opinion publique.
Parmi elles, celle de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), qui remet en question l’impartialité de la justice dans ce dossier. L’organisation de défense des droits humains affirme soutenir le principe du respect dû au chef de l’État et condamne les injures visant les institutions de la République.
Toutefois, elle estime que la réaction des autorités judiciaires soulève des inquiétudes quant à l’égalité de traitement entre les citoyens. Pour l’ASADHO, la justice ne devrait pas intervenir uniquement lorsqu’il s’agit des attaques contre certaines personnalités publiques, mais également face à toutes les formes de diffamation observées dans le pays.
Le président de l’ASADHO, Jean-Claude Katende, considère que les mesures annoncées par le ministère de la Justice donnent l’impression d’une justice orientée vers des acteurs politiques précis, notamment des opposants et des personnes critiques envers le pouvoir. Selon lui, cette situation risque de renforcer davantage les accusations d’inégalité dans l’application de la loi.
Dans son intervention, Jean-Claude Katende s’interroge sur l’absence de poursuites dans d’autres cas d’injures publiques visant différentes catégories de citoyens. Il évoque notamment les attaques verbales contre les responsables religieux, les figures de l’opposition ou encore d’autres personnalités publiques qui, selon lui, ne provoquent pas toujours de réaction judiciaire comparable.
Il estime qu’en l’absence d’une application équilibrée de la justice, le pays pourrait progressivement s’enfoncer dans un climat où les règles et les institutions perdraient leur autorité. Une situation qu’il juge préoccupante pour l’avenir du vivre-ensemble et de l’État de droit en RDC.
Jean-Claude Katende souligne également que les discours injurieux ou diffamatoires ne contribuent pas à renforcer la cohésion nationale ni le climat démocratique.
L’organisation plaide ainsi pour une justice équitable capable de traiter toutes les affaires avec la même rigueur, indépendamment des personnes concernées.
Pour l’ASADHO, le véritable enjeu réside dans la capacité des institutions judiciaires à inspirer confiance à l’ensemble de la population en évitant toute impression de partialité ou de favoritisme politique.
En conclusion, Jean-Claude Katende met en garde contre une banalisation des injures et du non-respect des lois dans la société congolaise.
Malgré ses critiques, l’ASADHO insiste sur la nécessité de préserver la dignité des institutions nationales. L’organisation rappelle que le président de la République, en sa qualité de première institution du pays, mérite considération et respect.