Prince Epenge ironise sur un éventuel troisième mandat en RDC : "Si Félix Tshisekedi le veut, qu’il traverse le fleuve chez Sassou !"

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Opposant congolais, président de l'ADD-Congo et porte parole de la coalition Lamuka, Prince Epenge
Opposant congolais, président de l'ADD-Congo et porte parole de la coalition Lamuka, Prince Epenge

Par Patrick Kitoko

À mesure que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution s’intensifie en République démocratique du Congo, les sorties médiatiques de l’opposition se multiplient. Dernière en date, celle de l’opposant Prince Epenge, qui a lancé une pique virulente au président Félix Tshisekedi : « Si Félix veut un 3e mandat, qu’il traverse le fleuve chez Sassou ! ». Une déclaration qui fait référence au président de la République du Congo voisine, Denis Sassou-Nguesso, régulièrement cité par ses détracteurs comme l’exemple d’un dirigeant ayant prolongé son maintien au pouvoir grâce à des réformes constitutionnelles.

Cette sortie intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de la question du changement ou de la révision de la Constitution congolaise. Depuis plusieurs mois, le camp présidentiel évoque la nécessité de réformer la loi fondamentale de 2006, jugée par certains proches du pouvoir « dépassée » ou « inadaptée aux réalités actuelles ». Le président Félix-Antoine Tshisekedi lui-même a récemment déclaré qu’il n’excluait pas un troisième mandat « si le peuple le demandait », dans le cadre d’une éventuelle révision constitutionnelle. 

Face à cette perspective, l’opposition congolaise a décidé de se structurer autour de nouvelles plateformes politiques. Le 19 mai dernier, plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, ont lancé la coalition « C64 », en référence à l’article 64 de la Constitution, qui appelle les citoyens à faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation de la loi fondamentale. Cette plateforme se présente comme un front contre toute tentative de troisième mandat ou de glissement électoral. 

En réaction, l’UDPS et ses alliés ont riposté avec la création de la « C4 », Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution, destinée à défendre l’idée d’une réforme constitutionnelle portée par le camp présidentiel. 

Dans ce contexte de forte polarisation politique, les propos de Prince Epenge traduisent la radicalisation du discours de l’opposition, qui accuse le pouvoir de préparer un « coup d’État constitutionnel ». Le camp présidentiel, lui, soutient qu’aucun tabou ne devrait empêcher un débat national sur la Constitution.

Alors que la présidentielle de 2028 paraît encore lointaine, le bras de fer autour de la limitation des mandats s’impose déjà comme l’un des principaux enjeux politiques du pays.

Samedi 23 mai 2026 - 10:20