André Mbata sur la polémique autour de la CENCO : « Les évêques trahiraient l’Évangile en se taisant »

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André Mbata,  secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation
André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation

Par Serge Mavungu

Le professeur André Mbata Betukumesu Mangu a livré une déclaration au ton particulièrement ferme sur les débats qui agitent actuellement l’Église catholique en République démocratique du Congo. Le constitutionnaliste estime que le silence de certains responsables ecclésiastiques face à des pratiques qu’il juge contestables serait incompatible avec les principes de l’Évangile.

Pour illustrer son propos, il fait référence à un épisode marquant des premiers temps du christianisme, rappelant que l’apôtre Paul avait publiquement repris l’apôtre Pierre lorsque celui-ci adoptait une attitude contraire aux enseignements qu’il défendait. 

« L’apôtre Paul n’avait pas hésité à sermonner Pierre quand il voulait se comporter comme les autres Juifs », souligne-t-il.

Selon André Mbata, cet exemple démontre que la correction fraternelle et la dénonciation des dérives constituent un devoir de vérité plutôt qu’une remise en cause de l’Église.

Des réserves sur le fonctionnement de la CENCO

Le professeur estime que certaines personnalités ecclésiastiques exerceraient une influence importante au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), orientant les décisions de l’institution sans refléter nécessairement l’avis de l’ensemble des évêques.

Il cite notamment le cardinal Fridolin Ambongo, Mgr Fulgence Muteba et l’abbé Donatien Nshole, qu’il présente comme des figures centrales de cette dynamique.

À ses yeux, les archevêques et évêques qui choisissent de garder le silence pour préserver l’image de l’Église manqueraient à leur mission pastorale. 

« Nos archevêques et évêques trahiraient l’Évangile du Christ s’ils devaient se taire pour couvrir l’image de l’Église au lieu de dénoncer certaines attitudes », affirme-t-il.

Un appel à rompre le silence

Pour appuyer son argumentation, André Mbata reprend une citation largement attribuée à Albert Einstein, selon laquelle le véritable danger réside autant dans les actes des auteurs du mal que dans l’inaction de ceux qui les observent. 

« Le monde ne serait pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien dire », rappelle-t-il.

À travers cette référence, il invite les fidèles et les responsables religieux à assumer leur responsabilité face à ce qu’ils considèrent comme des injustices ou des dérives.

Soutien aux jeunes catholiques et à Mgr Kasanda

Dans sa déclaration, le professeur adresse également ses félicitations aux jeunes catholiques ainsi qu’à Mgr Kasanda, saluant leur prise de parole publique.

Il estime que leur démarche relève d’une volonté de défendre la transparence et la fidélité aux valeurs chrétiennes plutôt que de créer des divisions au sein de l’Église. 

« Félicitations aux jeunes catholiques et à Mgr Kasanda qui ont eu le courage de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une supercherie et une tartufferie », déclare-t-il.

Un débat toujours sensible

Cette nouvelle prise de position intervient alors que les interventions de la CENCO sur les questions politiques, sociales et institutionnelles continuent d’alimenter les discussions en République démocratique du Congo.

Si une partie de l’opinion considère l’Église comme une voix morale appelée à interpeller les dirigeants, d’autres estiment que ses orientations doivent également pouvoir être soumises à la critique et au débat.

Par ses déclarations, André Mbata remet ainsi au centre des discussions les questions de la gouvernance ecclésiale, de la liberté d’expression au sein de l’Église et de la responsabilité des croyants dans la défense de leurs convictions.

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Dimanche 21 juin 2026 - 21:03