Par la Rédaction
La Prunelle RDC asbl sonne l'alarme à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine. L'organisation appelle à une coalition générale et mise sur l'intelligence artificielle pour désamorcer les tensions dans la région des Grands Lacs.
Les mots précèdent souvent les armes. Dans une région des Grands Lacs régulièrement secouée par des conflits armés et des tensions identitaires, le cyberespace est devenu un nouveau champ de bataille. Les réseaux sociaux pullulent de fausses informations et de propos haineux qui polarisent les communautés.
Face à ce péril invisible, La Prunelle RDC asbl rappelle que la passivité n'est plus une option.
« Les discours de haine ne sont jamais anodins. Ils déshumanisent, divisent les communautés et peuvent ouvrir la voie à des violences graves », prévient Mme Claudine Kitumaini Hamuli, Directrice Exécutive de l'organisation.
« Peace Guardian » : L'intelligence artificielle au service de la cohésion
Pour passer de la dénonciation à l’action, La Prunelle RDC passe à la vitesse supérieure technologique. Grâce au soutien de la Fondation Roi Baudouin et du Fonds Kris Bewrouts, l'asbl a développé « Peace Guardian ».
Cette application innovante utilise la technologie pour :
- Détecter en temps réel les contenus haineux en ligne ;
- Vérifier les faits (fact-checking) pourquoi stopper la désinformation ;
- Propager des récits positifs axés sur le vivre-ensemble.
« Avec Peace Guardian, nous voulons démontrer que la technologie et l’intelligence artificielle peuvent être mises au service de la cohésion sociale », explique Claudine Kitumaini.
Le thème de cette journée internationale, « La force des partenariats dans la lutte contre les discours de haine », résonne comme un mot d'ordre. La Prunelle RDC insiste sur le fait que la riposte doit être collective. Gouvernements, médias, géants de la Tech, leaders religieux et citoyens doivent former un front commun.
L'organisation met un accent particulier sur la jeunesse. En s'appuyant sur la Résolution 2250 de l'ONU, elle plaide pour que les jeunes soient formés et accompagnés afin de devenir les premiers ambassadeurs de la paix et des contre-discours positifs sur Internet.
Alors que l'ONU et l'Union africaine multiplient les alertes sur les dérives du numérique, le message de La Prunelle RDC reste résolument tourné vers l'espoir et l'action. La haine en ligne n'est pas une fatalité, mais un défi technique et humain à bras-le-corps. L'avenir de la cohésion sociale dans la région dépendra de l'urgence que chacun mettra à investir dans l'éducation aux médias et dans les technologies de prévention.