Par Denise Kyalwahi
La jeunesse de Beni est appelée à s’impliquer davantage dans la conservation du parc national des Virunga et à s’approprier les opportunités offertes par le projet Couloir Vert Kivu-Kinshasa, a déclaré Guy Kibira Ndoole, chef de division provinciale de la Jeunesse et de l’éveil patriotique du Nord-Kivu, lors du Café écologique « Voix de la Nature », organisé vendredi 7 août 2026.
Cette rencontre a permis aux jeunes, aux acteurs de la conservation et aux communautés riveraines d’échanger sur les enjeux de protection de l’environnement, mais aussi sur les possibilités économiques, professionnelles et entrepreneuriales qu’une meilleure implication de la jeunesse dans les initiatives de conservation peut offrir.
Au cœur des discussions, la question de l’appropriation du projet Couloir Vert Kivu-Kinshasa par la jeunesse a occupé une place importante. Les intervenants ont souligné la nécessité de mieux informer les jeunes sur cette initiative et de leur permettre de comprendre les possibilités qu’elle pourrait générer dans les territoires concernés.
Pour le chef de division de la Jeunesse, Guy Kibira Ndoole : « Les jeunes ne devraient pas être considérés uniquement comme des bénéficiaires des programmes environnementaux, mais comme des acteurs capables de contribuer directement à leur mise en œuvre. »
Ce grand projet, mis en place par l’Alliance Virunga en collaboration avec le gouvernement congolais, constitue une opportunité à saisir pour la jeunesse du Nord-Kivu.
L’implication des jeunes dans le Couloir Vert Kivu-Kinshasa pourrait notamment ouvrir des perspectives dans plusieurs domaines liés à la conservation et au développement durable.
« Il s’agit notamment de la création d’activités génératrices de revenus, de l’entrepreneuriat vert, de l’agroécologie, de la restauration des écosystèmes, de la promotion des produits locaux, de l’écotourisme, de la recherche, de l’innovation et de la sensibilisation environnementale », ajoute Éric Kitakya, conservateur, chef de secteur Nord du PNVi.
Pour lui, l’appropriation de ce projet par la jeunesse de Beni et des autres zones concernées pourrait constituer une occasion de développer des initiatives locales, de participer à la protection des ressources naturelles et de diminuer le taux de chômage chez les jeunes.
Guy Kibira Ndoole estime que les jeunes pourraient également tirer profit des formations, des mécanismes d’accompagnement en matière de fiscalité et des opportunités de collaboration qui pourraient être développées autour des activités du Couloir Vert.
L’enjeu, selon les organisateurs du Café écologique, est donc de permettre à la jeunesse de comprendre suffisamment tôt le fonctionnement du projet afin qu’elle puisse se positionner et proposer ses propres initiatives.
Les discussions ont également mis en avant la nécessité de dépasser une vision de la conservation limitée à la protection des espaces naturels. Le parc national des Virunga et les initiatives telles que le Couloir Vert Kivu-Kinshasa peuvent également constituer des leviers de développement pour les communautés, particulièrement pour les jeunes.
Une jeunesse mieux informée et mieux impliquée pourrait ainsi développer des projets liés à l’économie verte, contribuer à la restauration des écosystèmes dégradés et créer des activités économiques compatibles avec la protection de la biodiversité.
Les participants ont ainsi appelé à renforcer la sensibilisation et la formation des jeunes afin qu’ils puissent identifier les opportunités liées au projet et participer à sa mise en œuvre.
La jeunesse, partenaire de la conservation. Pour les organisateurs du Café écologique, l’avenir des initiatives de conservation dépendra en grande partie de la capacité à associer les jeunes aux processus de décision et aux activités sur le terrain.
À Beni, l’appel lancé est donc celui d’une appropriation véritable du Couloir Vert Kivu-Kinshasa par la jeunesse. Il s’agit de permettre aux jeunes de comprendre le projet, de participer à sa conception et à sa mise en œuvre, mais surtout d’en devenir des acteurs capables de transformer les opportunités environnementales en solutions concrètes pour leurs communautés. Ainsi, la conservation du Virunga ne serait plus seulement perçue comme une obligation de protection du patrimoine naturel, mais également comme une opportunité pour la jeunesse de créer, entreprendre, innover et contribuer au développement durable du Nord-Kivu.
Le Café écologique « Voix de la Nature » a également été marqué par un dialogue jugé constructif entre les participants et les intervenants.
Les échanges ont permis aux jeunes et aux représentants des communautés riveraines d’exprimer leurs préoccupations, mais également de formuler des propositions sur la conservation du parc national des Virunga et les possibilités de développement qui l’accompagnent.
« Nous nous retrouvons dans un cadre où nous ne sommes pas forcément en contradiction ou en opposition entre participants et intervenants. Nous échangeons de manière calme et le participant apporte des contributions », a expliqué l’un des intervenants.
Cette dynamique a permis de mettre en évidence la connaissance des communautés riveraines sur les enjeux de conservation et leur volonté de participer à la recherche de solutions. Pour les participants, cette approche doit être renforcée afin de faire de la population riveraine un véritable partenaire de la conservation.