RDC : « L’épidémie d’Ebola progresse plus vite que notre riposte », alerte l’OMS

Catégorie
Image
Photo d’illustration
Photo d’illustration

Par Prosper Buhuru

L’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo progresse actuellement plus rapidement que les capacités de riposte, a alerté le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, au terme d’une mission conjointe de haut niveau menée en RDC et en Ouganda.

Face à cette évolution, l’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) appellent à une accélération immédiate de la riposte, notamment dans les zones les plus touchées de l’Ituri.

« Dans certaines régions de l’est de la RDC, l’épidémie d’Ebola progresse plus vite que nos capacités de riposte, ce qui nous oblige à intensifier rapidement tous nos efforts pour la contenir », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Cette alerte intervient après une mission effectuée les 4 et 5 août 2026 à Kampala, Bunia et Kinshasa par les dirigeants de l’OMS et du CDC Afrique. L’objectif était notamment d’évaluer l’évolution de l’épidémie, d’identifier les principaux obstacles opérationnels et de renforcer la coordination avec les autorités et les équipes engagées sur le terrain.

L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant près de 90 % des cas confirmés en RDC. Les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongbwalu figurent parmi les plus touchées.

Pour l’OMS et le CDC Afrique, l’urgence consiste désormais à adapter les opérations au rythme de propagation du virus. Cela passe par une détection plus précoce des cas, un suivi renforcé des contacts, l’augmentation des capacités de traitement et de laboratoire, ainsi qu’un meilleur accès aux zones affectées.

Le renforcement du soutien aux agents de santé constitue également une priorité, dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, l’état dégradé des infrastructures et les difficultés d’accès à certaines zones.

La riposte doit aussi davantage s’appuyer sur les communautés. Selon le directeur général du CDC Afrique, Jean Kaseya, la capacité à interrompre les chaînes de transmission dépend notamment de la confiance des populations, de leur accès à une information fiable et de leur possibilité de signaler rapidement les symptômes et d’accéder aux soins.

« C’est grâce aux communautés que nous pourrons contenir et, à terme, stopper cette épidémie », a-t-il insisté.

À Kinshasa, les responsables de l’OMS et du CDC Afrique ont présenté leurs conclusions aux autorités nationales. Ils ont plaidé pour un renforcement rapide de la coordination, des ressources et des capacités opérationnelles afin de rattraper le rythme de l’épidémie et de reprendre l’initiative face à la transmission du virus.

Les deux organisations ont par ailleurs appelé les pays de la région à maintenir la surveillance, les capacités de laboratoire et la coordination transfrontalière, tout en déconseillant les restrictions inutiles sur les voyages et le commerce.

Lundi 10 août 2026 - 08:34