Par Gloire Balolage
L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a vivement critiqué la gestion du pays par son successeur, Félix Tshisekedi, dans un message adressé à la nation ce vendredi 9 octobre. Sans citer directement le nom du chef de l'État, il dresse un bilan sévère de sa gouvernance, qu'il accuse d'être marquée par l'absence de résultats concrets, le népotisme, le tribalisme et une dégradation des conditions de vie de la population.
Dans son message, Joseph Kabila dénonce une « incapacité avérée à produire le moindre résultat tangible des années durant ». Il décrit une gouvernance dans laquelle le président serait, selon ses termes, « plus chef d'un clan que chef de l'État ». Par cette formule, l'ancien chef de l'État remet en cause la manière dont les institutions sont dirigées et la gestion du pouvoir sous l'administration actuelle.
L'ancien président pointe également ce qu'il qualifie d'« institutionnalisation du tribalisme et du népotisme », ainsi qu'une gestion patrimoniale de l'État. Il oppose cette situation à la misère qu'il estime croissante au sein de la population, tout en dénonçant « l'opulence scandaleuse d'une caste dirigeante ». Ces accusations mettent au centre de son réquisitoire les questions de gouvernance, de justice sociale et de gestion des ressources publiques.
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila évoque les revers militaires enregistrés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il dénonce également des violations des droits humains qu'il estime avoir atteint des « records inédits ». À ces griefs, il ajoute la corruption, l'augmentation de la dette publique et ce qu'il présente comme le « bradage » des minerais critiques du pays, mettant ainsi en cause plusieurs aspects de la gestion politique, économique et sécuritaire de la République démocratique du Congo.
La guerre dans l'Est du pays occupe aussi une place importante dans son message. Joseph Kabila accuse le pouvoir de Kinshasa de collaborer avec les groupes wazalendo, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et « plusieurs autres groupes armés étrangers ». Il reproche également aux autorités de bombarder des civils. Ces accusations s'inscrivent dans sa critique de la conduite des opérations militaires et de la gestion du conflit dans les provinces de l'Est.
Cependant, dans son analyse de la crise sécuritaire, l'ancien président ne cite explicitement ni l'AFC/M23 ni le Rwanda, pourtant accusés par Kinshasa, les Nations unies et Washington d'être impliqués dans le conflit. Il se limite à évoquer les « autres parties belligérantes » avec lesquelles le gouvernement congolais négocie. Cette absence de désignation nominative contraste avec les accusations détaillées qu'il formule contre les autorités congolaises et leurs partenaires armés présumés.
L'ancien président met en garde contre les conséquences de la situation qu'il décrit. « Tous les ingrédients semblent réunis pour une implosion quasi certaine du pays », avertit-il. Cette déclaration résume ses inquiétudes quant à l'avenir de la RDC, en reliant les difficultés de gouvernance, les tensions sociales, les problèmes économiques et la persistance de l'insécurité.
Joseph Kabila rappelle enfin néanmoins les douze points qu'il avait évoqués en mai 2025, notamment l'exigence du retrait de « toutes les troupes étrangères » du territoire national. Il ne précise toutefois pas les forces étrangères auxquelles il fait référence. Ce rappel constitue l'un des éléments de son message consacré à la recherche d'une issue à la crise dans l'Est, alors que les responsabilités des différents acteurs du conflit restent au cœur des tensions politiques et diplomatiques.