Par Denise Kyalwahi
Le renforcement de la participation des organisations de la société civile et des peuples autochtones et communautés locales aux décisions environnementales était au centre d'un webinaire organisé le 9 octobre 2026 par La Voix verte pour le Bassin du Congo. Cette communauté regroupe des organisations de la société civile (OSC) et des peuples autochtones et communautés locales (PACL) issus des pays du Bassin du Congo.
Placée sous le thème « Renforcer la voix des OSC et des PACL dans les politiques forestières, climatiques et de biodiversité du Bassin du Congo », cette rencontre en ligne visait à renforcer les capacités des participants et à favoriser une action coordonnée de la société civile dans la région.
Renforcer la participation de la société civile
Au cours de sa présentation, le docteur René Siwe Ngamabou a souligné l'importance des forêts du Bassin du Congo pour les pays de la région et pour l'équilibre climatique mondial.
Il a expliqué que les décisions relatives aux forêts, au climat, à la biodiversité et à l'utilisation des terres affectent directement les peuples autochtones et les communautés locales.
Cependant, leur participation aux processus de décision reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment le manque d'accès à l'information, la complexité des questions techniques, l'insuffisance des espaces de consultation et la faible coordination entre les organisations.
Pour répondre à ces défis, l'initiative entend renforcer les compétences des OSC et des PACL, améliorer leur collaboration et leur permettre de mieux défendre leurs intérêts dans les processus de décision aux niveaux national, régional et international.
Une première série de consultations avait déjà permis d'identifier les priorités d'engagement de ces acteurs dans les pays du Bassin du Congo.
Les forêts du Bassin du Congo, un enjeu climatique mondial
Le webinaire a également mis en évidence le rôle des forêts et des tourbières du Bassin du Congo dans la lutte contre le changement climatique.
Selon les données présentées lors de la rencontre, les forêts de la région absorbent environ 1,5 milliard de tonnes de CO₂ par an. Les écosystèmes forestiers et les tourbières constituent également d'importants réservoirs de carbone.
Au-delà de leur contribution à la régulation du climat, ces espaces jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, la protection des sols et le maintien du cycle de l'eau.
Environ 60 millions de personnes dépendent directement de ces écosystèmes, selon les chiffres communiqués pendant le webinaire.
La déforestation et la dégradation des forêts représentent donc une menace à la fois environnementale, climatique et sociale. La disparition de ces écosystèmes réduit leur capacité à absorber le carbone et risque de libérer dans l'atmosphère une partie de celui qu'ils ont stocké pendant des milliers d'années.
Les échanges ont également porté sur le mécanisme REDD+, qui signifie « Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts ».
Ce cadre international encourage cinq catégories d'activités : la réduction des émissions liées à la déforestation, la lutte contre la dégradation forestière, la conservation des stocks de carbone, la gestion durable des forêts et l'accroissement des stocks de carbone forestier.
L'objectif est de contribuer à la réduction de la déforestation tout en encourageant des mécanismes de financement destinés à soutenir les efforts de conservation et les résultats obtenus en matière climatique.
Les participants ont également été informés de certaines exigences du cadre REDD+, notamment l'élaboration de stratégies nationales, l'établissement de niveaux de référence des émissions forestières et la mise en place de systèmes de surveillance permettant de suivre les évolutions des forêts.
Ces outils contribuent à améliorer le suivi des engagements des pays et la transparence des actions menées dans le secteur forestier.
Les participants souhaitent davantage de formations
À l'issue du webinaire, les participants ont salué l'intérêt des échanges et souhaité que les organisateurs multiplient ce type d'activités afin de renforcer les capacités des organisations de la société civile.
Ces espaces d'apprentissage et de consultation permettent aux acteurs de mieux comprendre les mécanismes de gouvernance forestière et climatique, mais aussi de mieux préparer leur participation aux discussions qui influencent l'avenir de leurs territoires.
Pour les OSC et les PACL du Bassin du Congo, l'enjeu est de faire en sorte que les communautés concernées ne soient pas simplement informées ou consultées, mais qu'elles puissent également contribuer effectivement aux décisions relatives à la gestion des forêts, à la protection de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique.
« Vos terres. Vos droits. Votre voix dans les décisions qui les influencent » : ce message porté par l'initiative résume l'ambition de renforcer la place de la société civile dans la gouvernance environnementale du Bassin du Congo.