Par la Rédaction
Le coordonnateur du Mouvement des Révolutionnaires Congolais (MRC), Marley Vuvu, a publiquement pris ses distances avec l'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, à la suite de l'annonce d'une nouvelle structure politico-militaire dénommée Front pour la refondation de la Nation (FRN). Dans une déclaration ferme, il rejette le recours aux armes comme moyen de conquête du pouvoir et estime que l'avenir politique du pays doit se construire dans le respect de la Constitution, plutôt que par des initiatives susceptibles d'aggraver la crise nationale.
Dans un message publié sur sa page Facebook, Marley Vuvu a clairement exprimé son opposition à la création de ce mouvement, qu'il considère comme une menace potentielle pour la stabilité des institutions. « Le Congo n'a pas besoin d'un mouvement rebelle pour déstabiliser les institutions en place. Tous ceux qui veulent accéder au pouvoir doivent se battre par des voies constitutionnelles, et non prendre les armes au risque de sacrifier des milliers de Congolais », a-t-il déclaré. Cette prise de position place le respect des mécanismes démocratiques au cœur de son désaccord avec l'ancien chef de l'État.
Le coordonnateur du MRC ne s'est pas limité à une critique du recours à la lutte armée. Il a également annoncé une rupture politique explicite avec Joseph Kabila, en invoquant les responsabilités liées à son ancien statut de président de la République. « Je me désolidarise de Joseph Kabila. En tant qu'ancien président de la République, son rôle est de participer au débat démocratique pour le développement du pays, et non de contribuer à la déstabilisation des institutions », a-t-il affirmé. Par cette déclaration, Marley Vuvu estime que l'expérience acquise à la tête du pays devrait servir le débat démocratique et la recherche de solutions aux difficultés de la RDC.
« Le MRC et moi-même retirons toute considération à son égard », a-t-il ajouté.
À l'origine de cette réaction figure l'annonce, à Goma, dans la province du Nord-Kivu, de la création du Front pour la refondation de la Nation. Cette nouvelle structure politico-militaire est dirigée par Joseph Kabila. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa y sont présentés comme vice-présidents, tandis que Sultani Makenga occuperait les fonctions de chef d'état-major général avec rang de vice-président. Freddy Kaniki est annoncé au poste de secrétaire général et Benjamin Bonimpa à celui de secrétaire général adjoint.
Cette annonce intervient quelques jours après la prise de parole de Joseph Kabila, le 9 octobre 2026, dans un message consacré à la situation générale du pays. L'ancien chef de l'État y avait notamment dénoncé la dégradation de la situation politique et sécuritaire et regretté que ses propositions antérieures, dont son « pacte citoyen », n'aient pas été prises en compte.