Par la Rédaction
L'ancien président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe appelle les responsables du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), annoncé à Goma sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila, à abandonner leur projet et à privilégier la voie du dialogue. Il estime que les divergences politiques ne peuvent justifier de nouvelles violences dans un pays qui a déjà payé un lourd tribut aux conflits armés.
Dans une adresse à la nation prononcée le mardi 13 octobre 2026, Vital Kamerhe a directement interpellé les responsables de cette nouvelle structure politico-militaire, qui comprend notamment l’AFC/M23. Il les a exhortés à renoncer à leur démarche et à privilégier les discussions comme moyen de résoudre les différends politiques, plutôt que d’engager le pays dans une nouvelle aventure armée.
Pour le président honoraire de l’Assemblée nationale, aucune frustration, divergence ou ambition politique ne saurait justifier le recours aux armes contre son propre pays. Il estime que les responsables qui prétendent agir au nom du peuple congolais ont également le devoir de mesurer les conséquences humaines de leurs décisions, alors que les affrontements continuent d’exposer les populations à de nombreuses souffrances.
Vital Kamerhe souligne notamment que les conflits armés ont laissé derrière eux des familles endeuillées, des enfants éloignés de l’école, des femmes exposées aux violences ainsi que des compatriotes contraints d’abandonner leurs terres. Face à cette réalité, il considère que la priorité doit être accordée à la sécurité des populations et à la recherche d’une issue pacifique, plutôt qu’à des initiatives susceptibles de prolonger les hostilités
S’appuyant sur son expérience dans la gestion des conflits, il défend l’idée qu’aucune divergence n’est insurmontable lorsque les protagonistes placent l’intérêt de la patrie au-dessus de leurs intérêts particuliers. « À quoi bon prendre les armes pour finir autour d’une table de négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d’éviter tant de pertes humaines ? », s’interroge-t-il, appelant ainsi les responsables du FRN à privilégier une solution négociée.
Dans son adresse, Vital Kamerhe réaffirme également que la République démocratique du Congo a besoin de paix, de cohésion nationale et de développement. Il plaide pour la fin du cycle des rébellions suivies de négociations et appelle les Congolais à défendre l’unité du pays, son intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel. Pour lui, l’avenir de la nation doit primer sur les ambitions individuelles, afin que les citoyens puissent défendre leurs convictions sans craindre pour leur vie.
Enfin, Vital Kamerhe insiste sur la nécessité de transmettre aux générations futures un pays où les différends peuvent être réglés sans violence et où les populations ne sont plus contraintes de fuir leurs milieux de vie. Il appelle les responsables du mouvement à revoir leur démarche et à faire le choix du dialogue, estimant que la paix demeure une condition essentielle à la stabilité de la RDC et à la coexistence entre ses différentes communautés.