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Guerre dans l'est de la RDC : la société civile du Nord-Kivu réclame l'arrestation de Joseph Kabila et son transfert devant la justice internationale

jeu 22/10/2026 - 16:56
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L'ancien Président de la RDC et fôdateur du FRN, Joseph Kabila Kabange
L'ancien Président de la RDC et fôdateur du FRN, Joseph Kabila Kabange

Par Patrick Kitoko

La Coordination provinciale de la Société civile Forces vives du Nord-Kivu accuse l'ancien chef de l'État Joseph Kabila de contribuer à l'insécurité dans l'Est de la République démocratique du Congo à travers le Front pour la refondation de la nation (FRN). Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 22 octobre 2026, à Beni, elle appelle Félix Tshisekedi à mobiliser les moyens nécessaires pour contrer cette nouvelle dynamique politico-militaire et solliciter l'intervention du procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

La Société civile Forces vives du Nord-Kivu durcit le ton contre l'ancien chef de l'État Joseph Kabila. À l'issue de sa réunion mensuelle tenue jeudi 22 octobre 2026, sa coordination provinciale a dénoncé la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le sud de la province, qu'elle attribue à l'agression rwandaise menée, selon elle, sous le label du M23-AFC et désormais associée au Front pour la refondation de la nation (FRN).

Dans sa déclaration n°007/2026, signée à Beni par son président, le pasteur Banyene Balingene, cette structure de la société civile présente la prise de direction du FRN par Joseph Kabila comme un développement particulièrement préoccupant pour la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Elle estime que le passage de l'ancien président, également sénateur à vie, à la tête de ce mouvement constitue un paradoxe au regard de ses anciennes prises de position contre le Rwanda et ses alliés présumés.

La principale exigence formulée par la Société civile Forces vives du Nord-Kivu concerne l'arrestation de Joseph Kabila et son transfert devant la justice internationale. Pour ses animateurs, cette démarche est nécessaire pour espérer faire aboutir les différents processus de paix et parvenir à une stabilité durable en RDC, dans la région des Grands Lacs et sur le continent africain.

La structure appelle ainsi le président Félix Tshisekedi à solliciter le concours du procureur de la Cour pénale internationale afin que des poursuites soient engagées contre les responsables des crimes commis dans l'est du pays. Elle demande également au chef de l'État de mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires pour neutraliser les velléités guerrières qu'elle attribue au M23-AFC, aux Forces de défense rwandaises (RDF) et au FRN.

Ces accusations traduisent la gravité des inquiétudes exprimées par cette organisation face à l'évolution du conflit. Elles constituent toutefois la position de la société civile signataire et ne sauraient, à elles seules, établir une responsabilité pénale individuelle, laquelle relève des juridictions compétentes.

Dans sa déclaration, la coordination provinciale considère que les positions attribuées à Joseph Kabila risquent de compromettre les efforts diplomatiques en cours, notamment les accords de Washington et les pourparlers de Doha. Elle accuse l'ancien président de favoriser une dynamique susceptible d'aggraver les affrontements dans l'Est de la RDC, voire de menacer l'intégrité territoriale du pays. Elle lui reproche également de chercher à mobiliser certaines communautés ethniques de la région en exploitant les divisions identitaires.

Selon cette organisation, une telle stratégie accentuerait les tensions communautaires et fragiliserait davantage la cohésion sociale dans une province déjà éprouvée par des années de violences armées.

La société civile appelle, en conséquence, les différentes communautés du Nord-Kivu à rester unies derrière les institutions légalement établies et à faire preuve de vigilance face aux menaces susceptibles de compromettre leur sécurité.

Au-delà des exigences adressées au pouvoir central, la déclaration invite les habitants du Nord-Kivu à collaborer en temps réel avec les forces de défense et de sécurité, en leur transmettant toute information pertinente concernant des personnes ou du matériel susceptibles de menacer la sécurité collective et l'intégrité territoriale.

La coordination annonce également sa volonté d'organiser des manifestations publiques pacifiques. L'objectif sera d'interpeller les décideurs nationaux, régionaux et internationaux afin qu'ils contribuent à mettre un terme à cette nouvelle escalade sécuritaire.

Signée par les responsables urbains de Goma, Butembo et Beni, ainsi que par les représentants territoriaux de Nyiragongo, Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero et Beni, la déclaration se veut un appel à la mobilisation collective face à la persistance du conflit.

À travers cette prise de position, la Société civile Forces vives du Nord-Kivu place la question de la responsabilité des acteurs politiques et militaires au centre du débat sur la paix. Elle réclame une réponse judiciaire internationale tout en exhortant les autorités congolaises à renforcer les mesures de défense du territoire et à préserver l'unité des communautés de l'Est.

Jeudi 22 octobre 2026 - 16:56