Par la Rédaction
Le Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani Mouvement de libération (RCD/K-ML), parti cher à Antipas Mbusa Nyamwisi, ancien ministre de l’Intégration régionale, a exprimé son opposition à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire présenté comme étant piloté par l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange.
Dans une déclaration politique rendue publique à Kinshasa, le mercredi 14 octobre 2026, cette formation politique estime que cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant, alors que les populations de l’Est du pays continuent d’aspirer à la paix.
Après analyse de la situation, le RCD/K-ML juge cette initiative « inopportune », considérant qu’elle risque de raviver la guerre, les violences ainsi que les drames humanitaires et sanitaires dans les provinces de l’Est de la RDC. Pour ce parti, la création du FRN est susceptible de compliquer davantage une crise dont les premières victimes restent les populations civiles, confrontées aux conséquences de l’insécurité persistante.
Dans sa déclaration, le RCD/K-ML met également en garde contre le risque de balkanisation du pays. Il établit un parallèle avec les enjeux ayant entouré l’accord de paix de Sun City, qui avait contribué au processus de réunification de la RDC en 2002-2003. Le parti souligne, à cet égard, le caractère paradoxal de l’initiative attribuée à Joseph Kabila, qu’il présente comme l’un des principaux architectes de cet accord lorsqu’il était à la tête du pays.
Le RCD/K-ML désapprouve par ailleurs toute entreprise susceptible de remettre les armes au centre de la vie politique congolaise, quelle qu’en soit l’origine. Il réaffirme son attachement aux principes démocratiques, au débat d’idées et au respect des institutions légalement établies en République démocratique du Congo. Pour cette formation politique, le recours à la violence ne saurait constituer une réponse aux divergences politiques.
Pour étayer ses préoccupations, le parti évoque le cas du Soudan et les guerres fratricides qui ont marqué les deux États issus de sa partition. À travers cet exemple, il met en garde contre les conséquences que pourraient entraîner les dynamiques susceptibles de menacer l’intégrité territoriale de la RDC. Il estime que la démarche attribuée à l’ancien chef de l’État menace la Nation dans son existence même.
Face à cette situation, le RCD/K-ML appelle la classe politique et les forces sociales à dépasser leurs clivages et à privilégier l’unité nationale. Il invite les différents acteurs à soutenir les efforts engagés aux niveaux national, sous-régional et international en faveur du processus de paix, tout en insistant sur l’urgence du rétablissement de la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire congolais.
Enfin, le parti soutient les efforts du président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur de la tenue effective d’un dialogue inclusif, avec l’appui des confessions religieuses ainsi que des partenaires régionaux et internationaux. Selon le RCD/K-ML, ce cadre devrait permettre de traiter les divergences politiques et de poser de nouvelles bases pour la reconstruction de l’État et le renforcement de la cohésion nationale.
Le parti conclut en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines, à la paix et à l’unité nationale.