Par Gratis Makabi
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, s’est entretenu avec les bourgmestres et les chefs de quartiers à l’Hôtel de ville autour de deux enjeux majeurs : le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) et la sécurité dans la capitale congolaise.
Concernant le recensement, l’autorité urbaine a exprimé le souhait de voir Kinshasa montrer l’exemple à l’échelle nationale en s’impliquant activement dans la réussite de cette opération, dont la phase de cartographie censitaire a déjà commencé.
« Après 42 ans d’attente, Kinshasa a l’honneur et la responsabilité de porter le flambeau du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Nous ne pouvons pas gérer ce que nous ne comptons pas. Pour construire des routes, ouvrir des centres de santé et bâtir des écoles là où les populations en ont réellement besoin, nous devons d’abord savoir exactement où elles se trouvent. Le RGPH-2 n’est pas une simple opération statistique. C’est l’incarnation de notre souveraineté et le socle de nos politiques publiques futures », a déclaré Daniel Bumba.
Dans une démarche pédagogique, le gouverneur a également expliqué à ses interlocuteurs le rôle et l’importance de cette opération, qui commence par la cartographie censitaire.
« C’est une phase de préparation technique essentielle. Les agents ne viennent pas vous compter individuellement aujourd’hui. Ils viennent avec des tablettes numériques pour identifier les ménages, les infrastructures et les limites de nos quartiers afin de diviser la ville en aires de dénombrement. Ce découpage permettra, en juillet 2027, de s’assurer qu’aucun citoyen ne soit oublié ou compté deux fois lors du grand rendez-vous du recensement », a-t-il précisé.
À cette occasion, Daniel Bumba a appelé les chefs de quartiers à veiller à la sécurité des agents cartographes, reconnaissables à leurs badges officiels et recrutés localement parmi les habitants de Kinshasa.
« Vous avez le rôle de facilitateurs, premiers garants de la confiance au sein de nos communautés. Sans votre bénédiction et votre accueil, cette opération ne pourra pas atteindre son plein potentiel. Je vous demande d’être les ambassadeurs de cette opération. Quand nos agents cartographes frapperont à vos portes, accueillez-les avec civisme. Facilitez-leur l’accès, guidez-les dans les ruelles et expliquez à vos administrés que ces agents travaillent pour l’avenir de leurs enfants », a-t-il insisté.
La sécurité, une responsabilité partagée
Abordant la question sécuritaire, le chef de l’exécutif provincial a exhorté les responsables locaux à faire preuve de vigilance face aux menaces susceptibles de peser sur la sécurité de la capitale.
« La sécurité de Kinshasa se construit dans chaque commune, dans chaque quartier et au plus près de chaque citoyen. Le chef de quartier doit être les yeux, les oreilles et le relais de proximité de l’administration, sans se substituer aux forces de sécurité. Notre responsabilité collective est de prévenir plutôt que de subir, d’alerter plutôt que de laisser s’installer le danger, et de travailler ensemble pour faire de chaque quartier un espace de paix, d’ordre et de sécurité », a-t-il déclaré.
Dans cette dynamique, les chefs de quartiers sont appelés à passer d’une administration passive à une administration préventive, en privilégiant l’anticipation des risques et la remontée rapide des informations sécuritaires.
Pour concrétiser cette approche, Daniel Bumba préconise la mise en place d’un « Pacte de sécurité de proximité des 24 communes de Kinshasa ». Ce dispositif reposerait sur cinq obligations et prévoirait notamment la production d’un rapport sécuritaire hebdomadaire simplifié, élaboré au niveau local, consolidé par le bourgmestre et transmis aux autorités urbaines.