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Est de la RDC : les députés du Sud-Kivu condamnent la création du FRN de Joseph Kabila et alertent sur les risques d'escalade du conflit

mar 20/10/2026 - 19:11
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Le caucus de députés nationaux élus du Sud-Kivu lors d'une déclaration politique
Le caucus de députés nationaux élus du Sud-Kivu lors d'une déclaration politique

Par Patrick Kitoko

Le Caucus des députés nationaux élus du Sud-Kivu s'oppose fermement à la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire dirigé par l'ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Dans une déclaration politique lue par son président, l'honorable Prince Cokola Kantitima, les élus mettent en garde contre les risques d'aggravation de l'insécurité dans l'Est de la République démocratique du Congo et plaident pour des solutions pacifiques à la crise.

Les députés du Sud-Kivu expriment leur vive inquiétude face à l'émergence de cette nouvelle structure politico-militaire, qu'ils considèrent comme une menace potentielle pour les efforts de pacification de l'Est du pays. Ils estiment que le recours à une nouvelle dynamique armée risque de compromettre les initiatives engagées pour restaurer durablement la paix dans cette partie de la RDC, déjà durement éprouvée par les conflits.

Pour justifier leur position, les élus invoquent notamment l'article 64 de la Constitution congolaise, qui fait obligation à tout citoyen de faire échec à toute prise ou tout exercice du pouvoir par la force, en violation de l'ordre constitutionnel. Ils réaffirment, dans ce contexte, leur attachement à la souveraineté nationale, à l'intégrité territoriale et à l'unité du pays.

Joseph Kabila interpellé sur ses choix politiques

Le Caucus déplore particulièrement l'implication de l'ancien chef de l'État dans cette initiative politico-militaire. Les députés soulignent ce qu'ils considèrent comme un contraste entre cette démarche et les positions antérieurement exprimées par Joseph Kabila contre les actions du régime rwandais dans la région.

À l'appui de leurs préoccupations, ils évoquent notamment la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que différents rapports d'organisations et d'institutions internationales consacrés à la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC.

Sans privilégier la voie des armes, les élus du Sud-Kivu appellent la population congolaise à défendre les valeurs républicaines et à rejeter cette nouvelle démarche armée. Pour eux, la refondation de la nation congolaise doit s'inscrire dans une logique de paix, de respect de l'ordre constitutionnel et de préservation de l'unité nationale.

Les accords de Washington et de Doha mis en avant

Dans leur déclaration, les députés insistent également sur la nécessité de soutenir les initiatives diplomatiques en cours, notamment les accords de Washington et de Doha, ainsi que l'initiative présidentielle en faveur d'un dialogue national inclusif.

Ces différentes démarches sont présentées comme des voies à privilégier pour parvenir à des solutions durables à la crise sécuritaire qui frappe l'Est du pays. Le Caucus estime que la recherche de la paix ne doit pas être compromise par la multiplication des initiatives armées, mais plutôt renforcée par le dialogue et les efforts diplomatiques.

Toutefois, les élus rappellent que les démarches politiques et diplomatiques doivent s'accompagner de réponses concrètes aux souffrances des populations affectées par les conflits.

Les populations du Sud-Kivu au cœur des préoccupations

Au-delà de leur condamnation du FRN, les députés nationaux élus du Sud-Kivu expriment leur compassion et leur solidarité envers les habitants de la province touchés par la guerre. Ils évoquent notamment les déplacements forcés, les pertes humaines et matérielles ainsi que les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées de nombreuses familles.

Ils appellent ainsi à une attention accrue aux besoins humanitaires des populations affectées, soulignant que le retour à la paix doit se traduire par une amélioration réelle des conditions de vie des communautés victimes des violences.

En conclusion, le Caucus réaffirme son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu'il considère comme le garant de la nation et des institutions républicaines.

La déclaration se termine par un appel à l'unité nationale et une invocation en faveur de la RDC, du Sud-Kivu et de sa population. « Umoja ni nguvu », autrement dit « L'unité fait la force », résume le message des élus, qui réaffirment leur attachement à un Congo souverain, uni et pacifique.

Mardi 20 octobre 2026 - 19:11