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Nord-Kivu : Bambo refuse que la création du FRN fasse oublier les victimes de Kishishe et réclame des poursuites contre les responsables des massacres

mar 20/10/2026 - 17:09
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Mwami Kulu Kabori Prince, chef de groupement de Bambo,  dans le territoire de Rutshuru
Mwami Kulu Kabori Prince, chef de groupement de Bambo, dans le territoire de Rutshuru

Par la Rédaction

La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), annoncée par Joseph Kabila, ravive les inquiétudes du chef de groupement de Bambo, le Mwami Kulu Kabori Prince, quant à la recherche de justice pour les victimes des massacres de Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Dans une interview accordée à Opinion-info.cd, ce mardi 21 octobre 2026, cette autorité coutumière dénonce cette tentative de dissimuler les responsabilités des acteurs impliqués dans les violences dans l’est de la République démocratique du Congo, à travers la création de nouvelles structures et le changement de leurs appellations.

Pour le chef de Bambo, la création du FRN ne doit pas détourner l’attention des crimes commis dans la région, notamment les massacres de Kishishe et de Bambo, survenus en novembre 2022. Il estime qu’aucun changement de nom ne saurait effacer les souffrances des populations ni dispenser les responsables présumés de répondre de leurs actes devant la justice.

Le Mwami Kulu Kabori Prince conteste également toute prétention à légitimer une occupation des territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.

« Ma terre coutumière n'est pas à vendre », insiste-t-il, réaffirmant son attachement à l’intégrité territoriale de la RDC et son soutien aux institutions nationales, aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’aux Wazalendo.

Près de quatre ans après les massacres de novembre 2022, le chef de groupement de Bambo affirme que les victimes et leurs familles attendent toujours des mesures judiciaires et des réparations. Il évoque près de 300 personnes tuées dans les violences ayant frappé Kishishe et Bambo, ainsi que les difficultés auxquelles restent confrontés les survivants, les veuves, les orphelins et les personnes déplacées.

« Plus de trois cents de nos filles, fils, mamans et papas ont été massacrés en novembre 2022. Jusqu’à ce jour, aucune justice n'a été rendue, aucune réparation pour les survivants, les veuves et les orphelins de Kishishe », déplore-t-il dans sa déclaration.

Face à cette situation, le chef coutumier demande l’ouverture officielle d’un dossier judiciaire relatif aux massacres, qu’il souhaite voir examinés au regard des qualifications de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il réclame également l’indemnisation des survivants et des familles affectées.

Le Mwami Kulu Kabori Prince appelle les autorités congolaises à ne pas accorder de légitimité aux nouvelles appellations des mouvements armés sans tenir compte des responsabilités liées aux violences antérieures. Il sollicite aussi l’implication des instances internationales, notamment la Cour pénale internationale (CPI), afin que les faits dénoncés à Kishishe fassent l’objet d’un examen judiciaire et que les poursuites éventuelles avancent.

Il met en garde contre tout processus susceptible, selon lui, de favoriser l’impunité en permettant à des acteurs mis en cause de se présenter sous de nouvelles identités politiques ou militaires.

Pour le chef de groupement de Bambo, la recherche de la paix dans l’est de la RDC doit nécessairement s’accompagner de la reconnaissance des souffrances des victimes, de l’établissement des responsabilités et de réparations pour les personnes affectées.

Mardi 20 octobre 2026 - 17:09