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Loi référendaire en RDC: Salomon Kalonda met le Sénat et Félix Tshisekedi face à leurs responsabilités historiques

dim 25/10/2026 - 15:08
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Le sénateur Solomon Skadi intervenant lors d’une séance plénière au Sénat.
Le sénateur Salomon Kalenda Della Idi intervenant lors d’une séance plénière au Sénat

Par la Rédaction

Le sénateur Salomon Kalonda Della Idi appelle ses collègues du Sénat et le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à prendre leurs responsabilités face à la proposition de loi référendaire, de nouveau adoptée par l’Assemblée nationale le vendredi 23 octobre, après le renvoi du texte par le chef de l’État et la prise en compte des treize réserves d’interprétation formulées par la Cour constitutionnelle.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité d’une démarche engagée plusieurs mois auparavant. Le 15 juin dernier, Salomon Kalonda avait adressé une lettre ouverte au président de la République pour lui demander de retirer cette proposition de loi, qu’il qualifiait de « faute historique ». Le sénateur Salomon Kalonda a décidé de republier cette lettre, estimant que rien de ce qu’il y écrivait n’a perdu sa pertinence.

Dans sa déclaration adressée au Sénat, au chef de l’État et au peuple congolais, il dénonce notamment la nouvelle adoption du texte sans la participation de l’opposition. À ses yeux, une loi touchant aux fondements de la Nation ne devrait pas être adoptée par un seul camp politique.

La chambre haute face à ses responsabilités

Alors que le texte revient au Sénat pour une seconde lecture, Salomon Kalonda invite ses collègues à mesurer la portée de leur décision. Il refuse de considérer cette étape comme une simple formalité parlementaire et y voit un moment déterminant pour l’avenir institutionnel du pays.

"Le Sénat est la chambre de la sagesse et de l’équilibre des provinces" rappelle-t-il, avant d’exhorter les sénateurs à ne pas cautionner une initiative susceptible, selon lui, de fragiliser les principes constitutionnels.

Pour l’élu, les corrections apportées au texte ne règlent pas le problème de fond. Il estime que la prise en compte des treize réserves d’interprétation de la Cour constitutionnelle ne change pas l’objectif qu’il prête à cette proposition de loi : ouvrir la voie à une modification de la Constitution du 18 février 2006.

Le risque d’un troisième mandat

Au cœur des inquiétudes exprimées par Salomon Kalonda figure la possibilité d’une modification constitutionnelle qui permettrait, selon son analyse, de contourner les dispositions limitant le nombre de mandats présidentiels.

Le sénateur considère que cette démarche pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat pour l’actuel chef de l’État, alors que la Constitution en vigueur l’interdit. Il estime ainsi que les ajustements apportés au texte ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes liées à ses conséquences politiques potentielles.

Le Président Félix Tshisekedi appelé à renoncer à la promulgation

Le sénateur Salomon Kalonda appelle le chef de l’État à ne pas promulguer cette loi, estimant qu’il dispose encore de la possibilité d’empêcher son entrée en vigueur.

Pour étayer sa thèse, il évoque le combat politique d’Étienne Tshisekedi, père du président de la République, ainsi que celui d’autres personnalités qui ont défendu le respect de la Constitution et le principe selon lequel aucun dirigeant ne peut se placer au-dessus de la Loi fondamentale.

Salomon Kalonda estime par ailleurs que les priorités du pays se situent ailleurs. Il rappelle que l’Est de la République démocratique du Congo reste confronté à l’insécurité, que l’État ne contrôle pas une partie de son territoire et que des millions de Congolais vivent déplacés.

Dans ce contexte, il juge que la priorité ne devrait pas être la modification de la Constitution, mais la réponse aux urgences sécuritaires et humanitaires auxquelles le pays est confronté.

Le peuple congolais pris à témoin

Au-delà des institutions, Salomon Kalonda s’adresse directement à la population congolaise. Il l’invite à retenir les noms des parlementaires qui voteront en faveur du texte, de ceux qui s’y opposeront, ainsi que celui du chef de l’État s’il venait à promulguer la loi.

Il rappelle que la Constitution du 18 février 2006 est issue du processus de paix de Sun City, au terme d’une période marquée par des conflits meurtriers. Il insiste sur le fait que cette Loi fondamentale n’appartient ni à un parti politique ni à un individu, mais à l’ensemble du peuple congolais.

Il exhorte, à travers cet appel, les sénateurs et le président de la République à mesurer les conséquences de leurs décisions sur l’avenir institutionnel du pays. Il considère que le processus en cours constitue un moment décisif pour le respect de la Constitution et l’équilibre des institutions.

Dimanche 25 octobre 2026 - 15:08