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RDC : Marie Nyange Ndambo mise sur le capital naturel pour financer le développement

dim 25/10/2026 - 06:19
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La ministre de l'Environnement, Marie Nyange Ndambo
La ministre de l'Environnement, Marie Nyange Ndambo

Par Denise Kyalwahi

À l'approche de la deuxième Semaine nationale du climat, prévue du 26 au 30 octobre 2026 à Kinshasa, la ministre de l'Environnement, Marie Nyange Ndambo, entend renforcer la valorisation des ressources naturelles de la RDC. Le marché carbone, la gouvernance forestière et le financement climatique figurent parmi les principaux chantiers annoncés.

La République démocratique du Congo veut mieux tirer profit de ses richesses naturelles pour soutenir son développement économique. Forêts, tourbières et ressources en eau constituent des atouts importants pour le pays, mais leur préservation nécessite des financements conséquents et une gouvernance efficace.

C'est dans cette perspective que la ministre de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, entend faire avancer plusieurs réformes visant à renforcer la contribution du capital naturel à l'économie nationale.

La deuxième édition de la Semaine nationale du climat, annoncée du 26 au 30 octobre à Kinshasa, doit servir de cadre aux échanges entre les institutions publiques, les organisations de la société civile, les partenaires internationaux, le secteur privé et les représentants des communautés locales.

L'objectif est notamment de rapprocher les priorités climatiques nationales des mécanismes de financement disponibles et de renforcer la participation des différentes parties prenantes aux décisions environnementales.

Le marché carbone au centre des priorités

Parmi les principaux dossiers figure la structuration du marché carbone congolais. Le gouvernement entend notamment avancer vers la mise en place d'un registre national destiné à améliorer le suivi des projets et des transactions liés au carbone.

Pour la RDC, qui dispose d'importants écosystèmes forestiers contribuant à la régulation du climat mondial, ce mécanisme représente une possibilité de mobiliser des ressources en faveur de la conservation.

Toutefois, la mise en place d'un marché carbone crédible suppose des règles transparentes, un contrôle rigoureux des projets et des garanties contre les pratiques susceptibles de compromettre les bénéfices environnementaux attendus.

La question du partage des revenus constitue également un enjeu majeur. Selon les orientations présentées dans l'article source, une part d'au moins 20 % des revenus concernés devrait revenir aux communautés locales.

La mise en œuvre effective de cet engagement sera déterminante pour les populations qui dépendent des forêts et participent à la protection des écosystèmes. Elle devra notamment permettre de vérifier que les revenus générés contribuent réellement à améliorer leurs conditions de vie.

Des réformes attendues dans le secteur forestier

La gouvernance forestière figure également parmi les chantiers annoncés par la ministre. Les orientations relatives à la politique forestière nationale et à la révision du Code forestier visent à renforcer les outils de gestion et de protection des ressources naturelles.

Mais au-delà des textes, le défi reste celui de leur application sur le terrain. La lutte contre la déforestation, la maîtrise des activités d'exploitation et la protection des écosystèmes nécessitent des moyens de contrôle suffisants ainsi qu'une implication effective des communautés concernées.

La lutte contre la pollution plastique s'inscrit aussi dans cette démarche de protection de l'environnement et de gestion durable des ressources.

De la COP31 aux besoins des communautés

La préparation de la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, constitue un autre rendez-vous important pour la diplomatie climatique congolaise.

La Semaine nationale du climat doit notamment permettre de consolider les priorités du pays et de préparer les positions qu'il entend défendre dans les négociations internationales.

Pour Kinshasa, l'enjeu est de transformer la reconnaissance du rôle écologique de la RDC en financements capables de soutenir la conservation des forêts et les initiatives de développement durable.

Cette ambition soulève toutefois une question essentielle : comment garantir que les ressources mobilisées profitent aussi aux populations qui vivent au quotidien les conséquences de la dégradation de l'environnement et des changements climatiques ?

La création d'emplois durables, le soutien aux initiatives locales et le renforcement des capacités communautaires figurent parmi les retombées attendues d'une politique environnementale mieux financée.

Des engagements aux résultats concrets

Les orientations défendues par Marie Nyange Ndambo placent ainsi la valorisation du patrimoine naturel au cœur des enjeux économiques et diplomatiques de la RDC.

La deuxième Semaine nationale du climat offrira une occasion de préciser les mécanismes envisagés et de renforcer le dialogue entre les acteurs concernés.

Le principal défi restera néanmoins la traduction des réformes annoncées en résultats mesurables : des financements effectivement mobilisés, une meilleure protection des écosystèmes et un partage équitable des bénéfices avec les communautés locales.

Pour la RDC, la valeur du capital naturel ne se mesurera donc pas uniquement à son importance écologique ou aux revenus qu'il peut générer. Elle dépendra aussi de sa capacité à contribuer à une économie durable et à améliorer les conditions de vie des Congolais.

Dimanche 25 octobre 2026 - 06:19