Tribune de BELEDU Doux Jésus, Analyste politique et journaliste
Dans sa tribune, l'analyste politique et journaliste BELEDU Doux Jésus appelle la République démocratique du Congo à rompre avec l’engrenage des dialogues politiques répétitifs, jugés insuffisants pour résoudre durablement les crises du pays. Il plaide pour le renforcement des institutions, la défense de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, ainsi que la mise en place de solutions concrètes pour garantir la sécurité des populations.
Depuis son accession à l’indépendance, le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo enchaîne les dialogues politiques sans parvenir à instaurer durablement un État stable, fort et prospère.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Lorsque les dialogues se succèdent sans résoudre les problèmes fondamentaux du pays, ils finissent par entretenir un cycle de crises politiques, d’instabilité institutionnelle et de négociations à répétition.
La RDC doit sortir de cet engrenage. Elle a besoin d’institutions solides, du respect de la Constitution, d’une justice indépendante, d’une armée républicaine efficace et d’une véritable politique de développement national.
Le dialogue politique peut être utile lorsqu’il permet de résoudre pacifiquement un conflit. Mais il ne doit pas devenir un mode permanent de gouvernement, ni remplacer les institutions établies par la Constitution.
Cependant, une question fondamentale mérite d’être posée : nos dialogues politiques ont-ils pour mission de résoudre les crises de la RDC ou finissent-ils par masquer la réalité de l’agression continue dans l’Est du pays ?
Depuis des décennies, notre pays est engagé dans un cycle de négociations politiques, d’accords et de compromis. Pourtant, la persistance de l’insécurité dans l’Est soulève une interrogation légitime : pourquoi les discussions politiques occupent-elles si souvent le devant de la scène, alors que la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la sécurité des populations restent des enjeux majeurs ?
Il ne suffit pas de partager le pouvoir entre acteurs politiques congolais pour résoudre une crise qui comporte également des dimensions militaires, régionales et internationales. La recherche de compromis politiques internes ne doit pas faire oublier la question de l’agression, les responsabilités des acteurs impliqués dans le conflit ni la nécessité de mettre fin à l’occupation des territoires congolais.
Le danger est que les dialogues politiques deviennent un écran derrière lequel la réalité de la guerre, de l’occupation et des souffrances des populations de l’Est perd sa place centrale dans le débat national.
La RDC ne peut pas continuer à passer d’une crise à un dialogue, d’un dialogue à un accord, puis d’un accord à une nouvelle crise, tandis que les populations de l’Est continuent de payer le prix de l’instabilité et des conflits armés.
Combien de dialogues faudra-t-il encore organiser ? Combien d’accords faudra-t-il encore signer avant que la sécurité des Congolais, la fin de l’occupation des territoires et la défense de l’intégrité territoriale deviennent des réalités tangibles plutôt que des promesses répétées ?
Le pays doit rompre avec cette répétition et construire un État capable de garantir sa souveraineté, son intégrité territoriale, la sécurité de sa population et son développement.
Les dialogues doivent être évalués à l’aune de leurs résultats concrets, et non du nombre d’accords signés ou de personnalités réunies autour d’une table. Ils ne doivent ni se substituer aux institutions républicaines ni détourner l’attention des priorités nationales.
La RDC a besoin d’une stratégie nationale cohérente pour défendre son territoire, protéger ses citoyens, renforcer son armée et mobiliser ses partenaires régionaux et internationaux autour d’une paix durable.
La solution aux crises congolaises ne peut pas être la multiplication indéfinie des dialogues, mais la construction d’un État de droit qui fonctionne et qui assume pleinement ses responsabilités.
La RDC doit sortir de l’engrenage des dialogues qui se succèdent sans apporter de solutions durables. La souveraineté nationale ne se négocie pas au détriment du peuple congolais, et la paix ne peut être durable si la question de l’agression et de l’intégrité territoriale reste sans réponse.