Kasaï-Oriental : après la rareté des trains, une deuxième crise cible le social à Mbujimayi !

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une deuxième crise cible le social à Mbujimayi
une deuxième crise cible le social à Mbujimayi

Par Edmond Izuba et Thercia Kabedi

La ville de Mbujimayi, Chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental, a survécu à la surchauffe qui avait assiégé le panier de la ménagère. Une crise socio-économique liée à la coupure du rail et aux accidents répétés de trains, avait plongé la ville dans un déficit des produits sur le marché des biens et services. Cinq mois plus tard, la ville semble sortir du trou noir. Les plus grands problèmes ne sont pas totalement résolus par le gouvernement provincial, mais les marchés informels fournissent des efforts pour combler le vide. Les étiquettes des biens de première nécessité n'ont pas connu une courbe baissière. Rien ne réconforte cette stabilité de façade qui ne se fait pas suivre par une solution définitive. Le tronçon ferroviaire Lubumbashi-Mwene Ditu a repris son trafic, ce qui n’était pas le cas il y a plusieurs mois. Beaucoup de choses restent à faire ou refaire dans la ville diamantifère. Le Programme Volontariste Agricole qui devrait inonder les marchés avec de la farine de maïs, produit de base des familles, fait face à d’énormes difficultés qui ne permettent pas d’assurer une quelconque autonomie. Si la première crise était caractérisée par la rareté des trains à Mbujimayi, la deuxième sera celle liée aux affres de la saison de pluie.  

Mbujimayi a inauguré sa deuxième pluie, ce samedi 21 août, depuis le retour en force de cette saison d'averses  tropicales. Plusieurs canaux d’approvisionnement des produits alimentaires sont exposés à des graves dégâts collatéraux pendant cette période qui vient de débuter. Les importantes marchandises atteindront difficilement les centres de négoce, et la ville risque de subir sa deuxième crise sur le plan social cette même  année. En effet, il a fallu compter deux pluies pour constater avec amertume la détérioration des artères principales de la ville dont la nationale n°1 qui comprend Kinshasa-Tshikapa-Kananga-MbujiMayi-Mwene Ditu  et Nationale n°2 qui prend en charge le tronçon Kabwe-Mbujimayi-Kabinda. Cette situation rendra irréguliers le transport des marchandises vers la ville de Mbujimayi.

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Un semblant de stabilité sur le marché

Les produits alimentaires de grande consommation connaissent une certaine stabilité sur les marchés de la ville de Mbujimayi. Le constat fait sur le terrain révèle que, le haricot, le riz, le sucre, les boites de conserve, le savon, huile végétale, les produits surgelés, maintiennent leurs prix. Tandis que les produits comme légumes, poissons salés et fumés, et tant d’autres produits qui garnissent  le panier de la ménagère, ont vu leurs prix revus à la hausse. Cette inflation est due selon les vendeurs et vendeuses au rançonnage des camions par le réseau de taxes routières, le mauvais état de routes de desserte agricole, l’intersaison, la fermeture de la pèche et la multiplicité de taxes.

Approchées par la rédaction d’Opinion-info.cd, les vendeuses de poissons tunsha (anguille) et ndakala (fretin) au marché central appelé communément Bakuadianga, ont évoqué la fermeture de la pèche suite à la saison sèche.

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«Nous subissons tous les effets de cette période de saison sèche où les prix sont appelés à galoper à cause de l’intersaison. Notre guérison arrive avec la dame la pluie qui permet de produire suffisamment de poissons pour inonder notre marché», a déclaré Marie-Claire, mère de cinq enfants.

Le maïs et le manioc restent deux aliments de base pour le panier de la ménagère. Ces deux produits ont enregistré une hausse exponentielle de prix. Particulièrement pour le maïs, il a quitté 1.700 FC à 3.000 FC le méga. Cette mesurette est à la base des petites  disputes entre les grossistes et les revendeurs, d’où la spéculation.

« Nous souffrons beaucoup nous les grossistes. Nous sommes obligés d’abord de produire et de venir le vendre aux revendeurs. La récolte ne nous pose aucun problème, mais pour déplacer ce produit au village de Katandi vers le marché vous devez payer aux postes de péage. Et ce qu’ils nous imposent comme taxes ne peuvent pas nous faciliter la tâche de vendre à un prix bas qu’actuellement. Outre ce problème de taxes, il y a des mégas qui changent de dimensions selon les milieux. Le méga avec lequel nous mesurons avant l’emballage de nos marchandises diffère d’ici où nous venons les couler.  Les revendeurs nous obligent un autre méga plus gros que ce que nous utilisons», a déploré Jean-René Kapika.    

Instauré dans le but de nourrir la province du Kasaï-Oriental avec la farine de maïs, le Programme Volontariste Agricole de Nkuadi aurait déjà échoué dans sa mission. Le prix fixé lors de sa première production n’avait pas arrangé les attentes des consommateurs. Le PVA a estimé à 27.000 FC un sac de 25 kilos. Par rapport au prix traditionnel sur le marché, ce programme n’apporte pas la solution. Interrogés, les gestionnaires de ce programme qui ont requis l’anonymat évoquent un déficit de machines de production de la farine.

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« Nous faisons recours à la minoterie de la MIBA qui ne nous appartient pas », ont-ils déclaré.

Sur terrain, ce programme devrait déjà atteindre sa deuxième saison en termes de production, mais le constat est amer. Il risque de faire faillite pour cette deuxième saison agricole lancée le 15 août 2021. La population accuse le PVA d’avoir occasionné cette hausse de prix de farine de maïs même dans le marché informel.