Par Serge Mavungu
La RDC a choisi un thème très particulier pour célébrer la journée mondiale de la liberté de la presse, ce 03 mai 2023, “La liberté d'expression à l'épreuve de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Nouvelle loi sur la presse pour une nouvelle dynamique”. À Kinshasa, c'est le chef de l'État qui préside l'activité devant les journalistes, les patrons des médias, quelques chefs d'institutions, les partenaires de la RDC dans ce secteur, une année après les travaux des états généraux de la presse.
Dans son allocution, Félix Tshisekedi a, tout en manifestant sa solidarité aux journalistes et professionnels des médias qui payent, comme beaucoup des compatriotes dans la partie Est du pays, le prix de la barbarie de l'agression rwandaise, promis que, ces crimes ne demeureront pas impunis.
"Je me réjouis de vous retrouver dans cette salle où nous avions pris rendez-vous, en janvier 2022, à l'occasion de l'ouverture des États Généraux de la Communication et des Médias, pour engager des réformes dans le paysage médiatique en vue d'assurer à la fois la promotion de l'exercice de la liberté de la presse, la sécurité des journalistes ainsi que la réorganisation de notre paysage médiatique. Je suis heureux de constater , une année après lesdites assises, que des progrès considérables ont été accomplis notamment à travers la promulgation de l'Ordonnance - Loi N ° 23 / 009 du 13 mars 2023 fixant les modalités de l'exercice de la liberté de la presse, la liberté d'information et d'émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication en République Démocratique du Congo", a-t-il déclaré.
27 ans après, a-t-il rappelé, la dernière modification de cette nouvelle Loi charnière qui régit la Presse de la RDC, vient poser les fondamentaux du retour à la norme de la pratique professionnelle et de la nécessité d'adaptation technologique qu'impose la révolution numérique.
Et le président de la République d'enrichir : “Malgré toutes ces avancées, les défis à relever restent de taille. Ils exigent, entre autres : Du Gouvernement : la finalisation des Avant - Projets du Décret portant Statuts des journalistes de la République Démocratique du Congo et du Projet de Loi régissant les médias ; Du Parlement : de parachever et d'adopter, dans les meilleurs délais, la Loi sur l'Accès à l'information publique; Des parties prenantes : l'application stricte des textes légaux et réglementaires afin de favoriser l'émergence d'une presse que nous voulons, d'une part, libre et plurielle sur le plan déontologique et professionnel; et d'autre part, indépendante et viable".
Prenant la parole pour sa part, Gaby Kuba Bekanga, Président de l'UNPC a indiqué que, la RDC traverse une période difficile.
À l'en croire, la presse de la RDC est impérativement appelée à se désolidariser et à quitter des cercles complotistes .
"Il faut qu'elle refuse catégoriquement de relayer des intox, des campagnes de diabolisation et des fake news sur la situation sécuritaire du pays.
La presse nationale comme étrangère doit cesser de manipuler l'opinion et les esprits pour ne pas faire le jeu de l'ennemi. Convertissez - vous et retirez vos micros, vos caméras et vos plumes de la conspiration contre la RDC", a-t-il martelé.
Quant aux élections, Gaby Kuba a rappelé que 2023 est une année électorale.
"La bataille sera rude entre les politiciens. Ces derniers se servent toujours des médias.
Et surtout qu'ils les contrôlent. Aux journalistes de faire le choix entre le mercenariat politique et l'information", a-t-il souligné.
L'UNPC réitère sa position de désapprouver tout activisme politique des journalistes, tout discours haineux ou xénophobe et toute délinquance médiatique.
Le nouveau variant du journalisme congolais , sous couvert du journaliste d'opinion ou d'analyste politique, actuellement en vogue, est invité à revisiter son mode opératoire.
Brossant le bilan de 4 ans de la liberté de la presse en RDC depuis l'arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir, l'Ong de défense et de promotion des droits des journalistes “Journaliste en Danger” satisfait de 30 places gagnées par la RDC à l'échelle mondiale, soit de 154è à 124è. Son secrétaire général Tshivis Tshivuadi a salué à juste valeur la nouvelle loi "Muyaya” plus modèle et plus protectrice des journalistes, 27 ans après.