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Insécurité au Nord-Kivu : l'intensification de la réponse humanitaire reste un besoin urgent pour les personnes en détresse

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Le camp de Bulengo près de Goma au Nord-Kivu abritant plus de 100 000 personnes.
Le camp de Bulengo près de Goma au Nord-Kivu abritant plus de 100 000 personnes.

Par Prosper Buhuru

Le Bureau de la Coordination des affaires Humanitaires des Nations-Unies, (OCHA), en collaboration avec ces partenaires, a rendu public le rapport de la situation humanitaire qui prévaut dans la partie Est de la République Démocratique du Congo dont les provinces du Nord-Kivu. Ce rapport publié, le 07 août 2023, couvre la deuxième quinzaine du mois de juillet.

Selon cette organisation, entre le 15 et le 31 juillet, le contexte dans le territoire de Rutshuru a été marqué par des affrontements entre des des éléments armés, entrainant de nouveaux déplacements de population. Dans la chefferie de Bwisha, au moins deux morts et huit blessés ont été recensés lors d'affrontements à Shinda le 28 juillet. La société civile locale a également rapporté 12 morts et 12 blessés causés par des engins explosifs improvisés à Lubwe le 19 juillet. L'accès humanitaire dans certaines localités de Rutshuru demeure entravé, limitant la réponse.

Des affrontements ont éclaté le 19 juillet dans la chefferie de Bashali (les groupements Bashali Mokoto et Bashali Kaembe), poussant environ 12 500 personnes à fuir, dont 4 000 nouvelles personnes vers le site spontané de Mokoto qui abritait déjà plus de 23 000 personnes déplacées. Cela porte à plus de 64 000 le nombre de personnes déplacées dans la région depuis mi-juin. Dans la zone de santé de Katoyi, des combats ont également repris le 20 juillet, forçant environ 7 850 personnes à se déplacer vers des villages de la zone de santé Masisi. Ces zones reculées, sans route ni accès humanitaire, suscitent des inquiétudes quant à la capacité de fournir une assistance adéquate.

En raison du manque de financement, certains partenaires de santé ont quitté les sites de déplacement de Nyiragongo et Goma, créant ainsi un important déficit dans la prise en charge des personnes déplacées. Médecins Sans Frontières s'est retiré de Kanyaruchinya, Bushagala et Bulengo, tandis qu'ALIMA s'est retiré de l'Unité de traitement du Choléra (UTC) de Rusayo. Cependant l'ONG AOF a lancé un nouveau projet, avec le soutien de l'UNICEF, pour fournir des soins de santé gratuits aux populations déplacées et résidentes dans les zones de santé de Nyiragongo, Rutshuru et Rwanguba.

Par ailleurs, le 29 juillet dernier, l'ONG AIDES, partenaire opérationnel du HCR, a entamé la distribution d’articles ménagers à 4 400 ménages dans les zones de santé de Beni, Oïcha, Mabalako (territoire de Beni) et dans la zone de santé de Lubero. Cette aide ciblait les personnes déplacées, les retournées et les autres vulnérables. AIDES a également distribué des kits d'hygiène intimes à 3 300 femmes en âge de procréer. Cette assistance répond à 35% des besoins identifiés par plusieurs acteurs humanitaires dans ces zones.

Alors que des affrontements continuent d'être signalés dans presque toute la province du Nord-Kivu, d'une part avec l'activisme du phénomène ADF et d'autre part le M23 soutenu par le Rwanda, les populations se déplacent en interne et d'autres en dehors du pays à la recherche d'une meilleure sécurité. Dans les camps, ces citoyens traversent une misère inexplicable. A l'heure actuelle, tout citoyen engagé ne fait que recommandé au gouvernement congolais de lancer des offensives contre les envahisseurs de la République.

Mardi 8 août 2023 - 20:27