Par Gloire Balolage
Un groupe d'organisations de la société civile environnementale a récemment adressé une lettre ouverte à la commission nationale des droits de l'homme à Kinshasa, exprimant leurs inquiétudes quant au contenu de la loi sur la protection et la responsabilité des défenseurs des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC).
Ces défenseurs des droits humains ont présenté cette préoccupation devant lapresse lors d'une conférence qui s'est tenue ce mardi 31 octobre 2023 à Goma. Cette loi, promulguée par le président de la République, suscite une grande inquiétude parmi les défenseurs des droits de l'homme en RDC.
"Le combat en faveur de la sauvegarde des droits et libertés des défenseurs des droits de l'homme en RDC nous a poussés, nous les acteurs de la société civile, l'État congolais et la communauté internationale, à réclamer un cadre légal pour promouvoir et protéger les droits des défenseurs, notre besoin n'était pas seulement de voir une loi être adoptée et promulguée, mais de voir cette loi promouvoir de manière inclusive les droits, les libertés et la protection des défenseurs des droits de l'homme", disent-t-ils.
La loi telle qu'elle a été promulguée contient certaines dispositions dangereuses qui suscitent de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits de l'homme. Ces derniers craignent que cette loi ne rende leur situation encore plus difficile qu'avant sa promulgation. Les défenseurs des droits de l'homme estiment que le cadre juridique devrait renforcer et démocratiser la mission des défenseurs des droits humains, plutôt que de servir de cadre pour restreindre leurs droits et libertés en RDC.
"L'interrogation fondamentale est la suivante : est-ce que cette identification ou carte nationale confère une certification de qualité ou sert-elle à exercer un contrôle sur les défenseurs, à établir une base légale pour freiner ceux que l'on considère comme gênants ? Voulons-nous créer une corporation similaire à celle des journalistes ? Nous avons besoin d'une loi qui nous protège, qui nous sécurise, mais pas d'une loi qui nous pénalise ou qui entrave nos droits et nos libertés. Cette loi exclut directement les défenseurs de l'environnement, des terres et des zones rurales", s'interrogent ces défenseurs de la l'homme.
Face à ces préoccupations, ces organisations de la société civile environnementale appellent à une révision de la loi afin de garantir une protection adéquate et une promotion effective des droits et des libertés des défenseurs des droits de l'homme en RDC. Elles soulignent la nécessité de veiller à ce que le cadre juridique ne soit pas utilisé pour restreindre les activités des défenseurs, mais qu'il serve plutôt à renforcer leur rôle crucial dans la promotion de la justice sociale et des droits humains.