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Insécurité à Goma : la Société civile révèle 82 cas d'incidents majeurs en six semaines et appelle à des actions urgentes pour protéger les habitants

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Le rond-point BDGL à Goma [photo d'illustration]
Le rond-point BDGL à Goma [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

 

Dans un contexte de tensions sécuritaires exacerbées, la ville de Goma et ses environs ont été victimes de 82 incidents majeurs entre le 1er novembre et le 18 décembre 2024. Ce bilan a été présenté par la Coordination urbaine de la Société civile – Forces Vives, qui tire la sonnette d'alarme sur la dégradation continue des conditions de vie dans cette partie de l'Est de la RDC -République démocratique du Congo-.

Selon Marrion Ngavho Kambale, président de cette structure citoyenne, les conséquences de la guerre, alimentée par des opérations militaires incessantes dans les territoires de Lubero, Masisi et Rutshuru, dépassent les frontières rurales pour plonger la ville de Goma dans un chaos. L’insécurité, les déplacements massifs de populations, la recrudescence des tracasseries, les assassinats ciblés, le kidnapping, et le traumatisme causé par les crépitements réguliers des balles constituent le quotidien d’une population déjà fragilisée par la pauvreté, le chômage, et le coût de la vie en constante hausse.

Selon le rapport rendu public le 24 décembre 2024, ces 82 incidents documentés ne représentent qu’une fraction des cas réels, certains quartiers n’ayant pas été couverts exhaustivement. Les zones les plus touchées incluent Goma et Himbi, Ndosho, Katindo, Mabanga-Sud, et Katoyi, où des cas d’incendies de maisons, de tracasseries militaires, de tueries et d’accidents de la route ont été signalés. À Karisimbi et dans d’autres quartiers, des morts violentes, des attaques physiques, des vols nocturnes et des conflits fonciers s’ajoutent à une liste déjà sombre de problèmes.

Les incidents relatés reflètent également une montée de l’instabilité sociale. Des cas de justice populaire ont été rapportés, témoins de la perte de confiance dans les institutions officielles. Les crépitements incessants des armes, parfois sans conséquences visibles, renforcent un climat de terreur et de suspicion au sein de la population. Ce tableau s'assombrit davantage avec la spoliation des terres et les déguerpissements forcés, qui laissent de nombreuses familles sans abri.

Pour faire face à cette crise multiforme, la Société civile de Goma a formulé des recommandations claires aux autorités nationales. Parmi celles-ci figurent le remplacement des commandements militaires sur les lignes de front, le renforcement logistique des unités engagées dans les combats contre les rebelles du M23, et la réouverture des routes agricoles, pour l’approvisionnement des villes du Nord et du Sud-Kivu en denrées alimentaires.

La déclaration du Nord-Kivu comme province sinistrée est également demandée, afin de mobiliser des ressources supplémentaires, pour venir en aide aux populations déplacées et affectées par la guerre. L’appel à lever l’état de siège jugé inefficace, vise à rediriger les efforts militaires vers les zones de combats stratégiques, tout en rétablissant une gestion civile des territoires.

Au niveau provincial, des mesures supplémentaires sont sollicitées pour améliorer le contrôle des armes et renforcer les patrouilles nocturnes et diurnes. La lutte contre la corruption, qualifiée d'antivaleur dans la gestion publique, est également au centre des préoccupations. Enfin, l'interdiction des boissons fortement alcoolisées est proposée comme mesure, pour limiter les comportements à risque dans un contexte déjà tendu.

La Société civile appelle également les populations de Goma à renforcer leur solidarité et leur vigilance, en signalant les comportements suspects et en collaborant étroitement avec les Forces de sécurité. Une attention particulière est portée aux festivités de fin d'année, qui devraient, selon les recommandations, se dérouler sous le signe de la solidarité envers les personnes les plus vulnérables.

Mercredi 25 décembre 2024 - 14:47