Par Denise Kyalwahi
La société civile de la commune de Bulengera, en ville de Butembo - Nord-Kivu -, hausse le ton contre l’utilisation d’explosifs dans les carrières de pierres implantées au cœur des quartiers habités. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 10 juillet 2026, cette organisation citoyenne appelle les autorités compétentes à mettre immédiatement un terme à cette pratique, qu’elle considère comme une menace pour la sécurité des populations et de leurs biens.
Selon John Paluku Kameta, président de la société civile de Bulengera, le recours aux explosifs, communément appelés « rutambi », expose les riverains à des risques permanents. Il affirme que les détonations répétées fragilisent les habitations et font craindre un accident majeur si aucune mesure n’est prise.
La société civile demande ainsi aux autorités communales et urbaines d’interdire l’utilisation des explosifs dans les carrières situées en zones résidentielles. Elle sollicite également les services des Mines et de l’Environnement afin qu’ils imposent aux exploitants des techniques d’extraction manuelles et plus respectueuses de l’environnement, jugées moins dangereuses pour les communautés vivant à proximité des sites.
L’organisation citoyenne invite par ailleurs les habitants de Bulengera à demeurer vigilants. Elle les encourage à documenter, de manière pacifique, les cas d’utilisation d’explosifs et à les signaler aux chefs de cellules, aux chefs de quartiers ainsi qu’aux autorités compétentes pour permettre une intervention rapide.
Dans sa déclaration, John Paluku Kameta prévient également que la société civile pourrait rendre publics les noms des responsables administratifs ou des services de l’État qu’elle estimerait défaillants ou complices dans le maintien de cette pratique. À défaut d’actions concrètes, elle envisage de demander leur remplacement auprès des autorités provinciales.
Au sein de la population, les inquiétudes ne cessent de grandir. Un habitant du quartier témoigne des conséquences quotidiennes des explosions.
« Ces explosions résonnent comme des bombes. Elles nous empêchent de dormir. Les personnes du troisième âge tombent souvent malades, croyant qu’il s’agit de bombardements. Plusieurs voisins font régulièrement des crises de panique et les enfants vivent dans une peur permanente. Nous souhaitons que cette exploitation cesse dans notre quartier », confie-t-il.
Les riverains dénoncent également les impacts environnementaux de cette activité. Selon eux, les importantes quantités de poussière dégagées lors des travaux dégradent la qualité de l’air, recouvrent les habitations et pourraient affecter les sources d’eau utilisées par les ménages.
L’utilisation d’explosifs dans certaines carrières de Bulengera est régulièrement dénoncée depuis plusieurs années par les populations locales. Plusieurs cas de fissures sur des maisons situées à proximité des sites d’exploitation ont déjà été signalés, renforçant les appels des habitants et de la société civile en faveur d’une réglementation plus stricte afin de protéger les communautés vivant dans ces quartiers.